C’est la fin des vacances pour Marisol Touraine. Invitée dimanche par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg à la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), la ministre de la Santé a évoqué pêle-mêle les dossiers prioritaires qui l’attendent sur son bureau.
Marisol Touraine a rappelé l’importance qu’elle accorde au problème du financement de la protection sociale. « À l’évidence, nous ne pouvons éviter de faire évoluer le financement de notre modèle social, qui pèse aujourd’hui principalement sur le travail », a-t-elle indiqué à la tribune de cette prérentrée socialiste.
Et de citer plusieurs pistes, en précisant qu’« aucune » n’est « privilégiée » pour l’instant. La ministre s’est ainsi demandé si « une taxe écologique ne serait pas utile alors que l’impact de l’environnement sur notre santé est chaque jour confirmé ». Sans entrer dans les détails, elle a ajouté qu’il n’était pas non plus « anormal » d’imaginer que « l’industrie pharmaceutique » et « l’industrie du tabac »« contribu[ent] » aussi au financement de la protection sociale.
« Redonner confiance à la médecine de proximité »
Concernant les médecins et le manque d’attractivité (notamment en libéral) que connaît la profession auprès des jeunes, Marisol Touraine a spécifié qu’elle mettrait en place « dans quelques semaines une expérimentation qui permettra de redonner confiance dans la médecine de proximité, en valorisant le travail d’équipe dans les maisons de santé par exemple [...], en mettant fin à la seule tarification à l’acte pour valoriser la rémunération forfaitaire, qui permet de renforcer la prévention ». Cette « réorganisation » serait expérimentée « dans une ou deux régions pendant un an », selon la ministre.
À demi-mot, Marisol Touraine a aussi évoqué la délégation des tâches, qui permettrait aux médecins de se concentrer sur l’aspect purement médical de leur métier : « Je ne suis pas certaine qu’il faille être médecin pour faire tout ce que l’on demande aux médecins, a-t-elle indiqué. Il y a des infirmières, des kinés, des sages-femmes qui sont pleinement engagées et dont le rôle peut être renforcé. »
Toujours laconique, Marisol Touraine a enfin précisé que « les études de médecine devront imposer des stages dans les déserts médicaux ».
Pour obtenir des propositions plus concrètes, la profession devra attendre encore un peu. « Les premières décisions seront prises dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale à l’automne », a répété Marisol Touraine.
Autisme : la musique serait neuroprotectrice chez les prématurés
Apnée du sommeil de l’enfant : faut-il réélargir les indications de l’adénotonsillectomie ?
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention
Pr Ibrahim Yakoub-Agha, hématologue : « Beaucoup d’indices nous intiment de produire des CAR-T cells académiques »