Reprise de l'AMP : l'Agence de la biomédecine précise les situations à prendre en charge en priorité

Par
Publié le 24/06/2020

Crédit photo : PHANIE

L'Agence de la biomédecine (ABM) met à jour ses recommandations pour encadrer la reprise des activités d'assistance médicale à la procréation (AMP), interrompues en mars 2020 en raison de l'épidémie de Covid-19. « Certaines personnes et certains couples ont vu leurs chances de procréer réduites à titre temporaire. L’infertilité est prise en charge au titre des affections de longue durée (ALD) par l’assurance maladie. La reprise des soins est souhaitable aussi vite que possible », écrit le groupe de travail* en préambule.

Trois situations prioritaires

L'ABM identifie plusieurs situations justifiant une prise en charge prioritaire par les équipes : lorsque la préservation de la fertilité est urgente, par exemple pour des personnes souffrant d'un cancer, dont le traitement est toxique pour la fertilité ; lorsque les chances de procréer s'amoindrissent, voire s'annulent en raison des délais (âge avancé, diminution de la réserve ovarienne ou endométriose ovarienne sévère) ; et lorsqu'une tentative de stimulation a dû être interrompue en mars 2020 en raison de l'épidémie.

Dans ces cas, si le centre le plus proche ou celui qui les prenait en charge avant l’épidémie n’est pas ou plus en capacité de les accueillir, les patients pourront s’adresser à un autre centre, si possible dans le cadre d’une convention de coopération, précise l'ABM. Plus largement, l'agence recommande aux couples de rester en contact avec l'équipe qui les suit.

Pour rappel, le ministre de la Santé Olivier Véran s'est engagé à ce que l'AMP soit remboursée aux femmes qui dépasseraient l'âge limite de 43 ans, en raison de la crise sanitaire.

Feu vert aux dons de gamètes

La reprise des ponctions ovocytaires et des recueils de spermatozoïdes dans le cadre du don est dorénavant envisageable. Les candidats doivent être sensibilisés sur la possibilité d’une annulation de leur prise en charge à tout moment, en fonction de la situation sanitaire. Ils signent ainsi un consentement ad hoc. Ils doivent aussi s'engager à respecter les consignes de sécurité sanitaire et à déclarer sans délai l’apparition de tout symptôme.

L'ABM préconise une recherche du SARS-CoV-2, même en l’absence de symptômes, 48 heures avant le déclenchement de l’ovulation pour le don d’ovocytes et 48 heures avant le premier recueil pour le don de spermatozoïdes. Par ailleurs, pour le don de spermatozoïdes, une sérologie avec dosage des anticorps totaux est conseillée, 48 heures avant les différents recueils et un mois après le dernier recueil.

Anticiper un nouvel arrêt

Enfin, les centres doivent respecter des procédures spécifiques alors que le coronavirus est toujours en circulation, à commencer par définir des circuits patients en AMP ou don d'une part et patients Covid+ d'autre part afin qu'ils ne se croisent pas, définir de nouvelles organisations d'équipes, et maintenir une vigilance sur le respect des mesures barrière et la décontamination des surfaces. La télémédecine est à privilégier, lit-on. Et les patients doivent se soumettre régulièrement, tout au long de leur parcours, à un « questionnaire d’orientation diagnostique recherche des symptômes Covid-19 ».

L'ABM recommande aussi d'anticiper le risque d'un arrêt des activités d'AMP. Plusieurs raisons seraient possibles : changement de l'état de santé des patients ou du couple, arrivée d'une nouvelle vague de pandémie, ou encore évolution des connaissances relatives à l'incidence du Covid-19 sur la santé de la femme, de l'homme ou du fœtus.

*Le groupe de travail est composé de sociétés savantes, d'experts, d'une association de patients et des représentants des autorités (DGS, ARS). 


Source : lequotidiendumedecin.fr