LA FRANCE fait aussi bien que la Chine et est en tête des pays de l’Union européenne. La hausse du nombre de naissance, de 9 % depuis dix ans pour atteindre en 2008 le chiffre, jamais atteint depuis 1981, de 801 000 enfants nés en métropole et 33 000 dans les DOM, n’est pas seulement le reflet de l’augmentation de la population (7 %). En témoigne la comparaison avec l’empire du milieu dont la population est vingt deux fois plus importante que celle de la France : le nombre de naissances rapporté à celui des habitants (834 000/64,3 million contre 18 millions/1,35 milliard) est dans les deux cas d’environ 13 pour mille habitants. La France se caractérise par ailleurs par un taux de 2,02 enfants par femme, proche du taux de renouvellement de la population (2,1).
Retard à rattraper.
Gilles Pison, démographe à l’INED, s’interroge sur ce dynamisme français, qui pourrait laisser penser que les couples ont de plus en plus d’enfants. « Paradoxalement, ce n’est pas le cas », explique-t-il. La population française a certes augmenté, mais cela tient surtout à « un accroissement du nombre des personnes âgées qui ne font pas d’enfant », souligne-t-il. Les couples ont aujourd’hui le même nombre d’enfants que ceux d’il y a trente ans. L’augmentation du nombre de naissances depuis une dizaine d’années tient essentiellement à un phénomène de rattrapage après une forte baisse.
Après le baby-boom, la période allant du début des années 1970 au milieu des années 1990 a vu les femmes retarder de plus en plus le moment d’avoir un enfant. « Diffusion de la contraception », souci de « concilier vie familiale et vie professionnelle », les générations les plus âgées, qui avaient déjà eu des enfants, n’en avaient plus, alors que leurs cadettes attendaient plus longtemps pour en avoir. L’âge moyen à la maternité a augmenté de trois ans et demi depuis 1978 pour se situer autour de 30 ans en 2008. Le faible niveau des naissances (moins de 2 par femmes) a perduré tant que le mouvement de retard des maternités d’une génération à l’autre, s’est poursuivi. La fin de ce mouvement coïncide avec la remontée du nombre de naissances.
Avec la stabilisation du calendrier des maternités, les nouvelles générations ont rattrapé leur retard et il semble qu’elles auront le même nombre total d’enfants que leurs aînées des années 1950. La descendance finale de celles nées en 1958 est de 2,3 enfants.
« Population & Société », n° 454.
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