À quoi pouvons-nous nous attendre dans les prochains mois, alors que l’épidémie faiblit en France ? Pour répondre, le Conseil scientifique, qui accompagne le gouvernement dans la gestion de l’épidémie, a élaboré quatre scénarios pour la suite dans l’optique de « préparer les différentes structures de l’État à affronter une éventuelle reprise de l'épidémie quelle qu'en soit sa forme ».
De l'« épidémie sous contrôle » à la « dégradation critique »
Rendu public jeudi, ce 7e avis envisage des suites plus ou moins favorables avec l’idée, exposée en sous-titre de l’avis, d’« anticiper pour mieux protéger ». Le premier scénario est celui d’une « épidémie sous contrôle » avec seulement quelques foyers « localisés pouvant être maîtrisés ». C’est celui dans lequel le pays se trouve actuellement, selon le président du Conseil scientifique, le Pr Jean-François Delfraissy. « Le virus continue à circuler, en particulier dans certaines régions (...), mais il circule à une petite vitesse », a-t-il indiqué ce matin au micro de France Inter.
Ce constat est confirmé par Santé publique France qui estime, dans son dernier bulletin sur le Covid-19, le R0 effectif à 0,76 en France métropolitaine, alors qu’il était estimé à 2,8 le 15 mars et à 0,8 à la sortie du confinement, le 11 mai. Seule la Guyane fait toujours face à un R0 supérieur à 1, établi à 2,95.
Le second scénario est celui de la présence sur le territoire de « clusters critiques laissant craindre une perte de contrôle des chaînes et contamination ». Le suivant envisage « une reprise progressive et à bas bruit de l'épidémie, plus difficile à identifier ». Le dernier porte sur la possibilité d’une « dégradation critique des indicateurs » de suivi de l'épidémie, traduisant « une perte du contrôle » de cette dernière.
Des mesures préventives à mettre en place « dès maintenant »
Pour faire face à ces différents scénarios, qui sont susceptibles d’évoluer en fonction notamment des connaissances scientifiques, le Conseil propose un plan de prévention et de protection renforcées (P2R COVID) en 7 volets. Ce plan prévoit le renforcement des mesures barrières et de distanciation, du port du masque et de la stratégie « tester, tracer, isoler ». Il prévoit également un plan de protection des EHPAD, le confinement volontaire des personnes à risque, mais aussi un plan pour les personnes les plus précaires.
Un potentiel nouveau confinement généralisé semble exclu. « Le prix à payer est trop lourd, a estimé le Pr Jean-François Delfraissy, dans un entretien au Parisien. La population ne l'accepterait sûrement pas, les conséquences économiques seraient majeures et, même d'un point de vue sanitaire, cela n'est pas souhaitable ».
Pour éviter ce scénario, le Conseil insiste sur la nécessité de préparer « dès maintenant » la mise en œuvre des différentes mesures, en lien avec les acteurs territoriaux dans le cadre d’une « gouvernance claire, opérationnelle et en partie territorialisée ». « La survenue des scénarios n’est pas nécessairement successive, des scénarios critiques pouvant survenir d’emblée, demandant alors une réaction rapide reposant sur l’activation de mesures établies à l’avance. Le temps de réaction est un paramètre déterminant dans le contrôle de l’épidémie », insiste encore le Conseil.
Santé mentale des jeunes : du mieux pour le repérage mais de nouveaux facteurs de risque
Autisme : la musique serait neuroprotectrice chez les prématurés
Apnée du sommeil de l’enfant : faut-il réélargir les indications de l’adénotonsillectomie ?
Endométriose : le ministère de la Santé annonce une extension de l’Endotest et un projet pilote pour la prévention