LE MÉDECIN attendra! En introduisant, à l’été dernier, un ticket modérateur pour les visites aux urgences (jusque-là gratuites) et en rehaussant le montant du coupon à charge des patients pour les consultations spécialisées, l’État a obligé les Italiens à réduire leur consommation de soins. Selon les données du ministère de la Santé du centre de recherches sociales Censis, 40 millions de consultations en moins ont été effectuées depuis l’introduction du « superticket » comme l’ont rebaptisé les Transalpins. Une bonne nouvelle pour la Sécurité Sociale, dont les comptes sont fragilisés par les comportements de nombreux assurés qui multiplient les consultations et les achats de médicaments parfois superflus.
Harcelé à l’époque par les marchés financiers, sous surveillance de l’Union européenne, le gouvernement Berlusconi avait inscrit la santé en tête de son plan de rigueur adopté au pas de course en juillet dernier. Première mesure : exit la gratuité aux urgences remplacée par un ticket modérateur allant de 10 à 25 euros. En septembre, l’exécutif avait aussi décidé d’augmenter le montant de la franchise pour les visites spécialisées. Ainsi, les patients doivent désormais s’acquitter d’un ticket de 30 euros dans les centres ambulatoires et de 35 à 50 euros dans les centres conventionnés ou low cost.
140 euros de plus par an par assuré.
Selon les estimations du ministère du Trésor, les quelque 32,4 millions d’Italiens qui ne sont pas exemptés de ticket modérateur devraient dépenser 4,5 milliards d’euros supplémentaires d’ici à la fin de l’année. Soit 140 euros de plus par assuré. Avec la croissance progressive du ticket modérateur d’ici à 2014, le montant de leur participation s’élèvera à 6,6 milliards d’euros d’ici deux ans.
Du côté de la pharmacie, la tendance est identique. En augmentant de 50 % le ticket modérateur qui est passé à 8 euros pour chaque ordonnance de deux produits, la consommation s’est stabilisée l’an dernier. Auparavant, les dépenses de prescriptions bondissaient de 4 % par an en moyenne. La progression s’est stabilisée autour 0,5 %. La Sécurité Sociale félicite les assurés tandis que les associations de consommateurs et les opérateurs de soins tirent la sonnette d’alarme. « Dépenser moins et mieux, c’est bien. Reste que cette diminution importante tant sur le plan des consultations que de l’achat de médicaments provoque des risques en matière de prévention » estime l’urgentiste Marco Macrì.
Neuf millions d’Italiens ont reporté ou annulé des dépenses de santé. « Les dépenses se sont contractées en raison de la crise. Avec l’augmentation du ticket modérateur, le cout d’un bilan sanguin peut devenir inaccessible pour certains », souligne le Dr Alessandro Sabatini, médecin de famille à Rome.
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