FRANÇOIS HOLLANDE s’était prononcé pour un ONDAM à 3 % en 2013, mais l’ampleur des déficits a eu raison de cet engagement. Ce sera donc 2,7 %, un taux de « compromis » (la Cour des comptes suggérait 2,5 %...) qui inquiète le secteur de la santé.
Le Dr Michel Chassang, président de la CSMF, souligne que la promesse de campagne « ne sera pas tenue » mais espère que « que les échéances contenues dans la convention seront bien respectées » (extension du paiement sur objectifs, investissement sur la CCAM clinique...) . Elle demande au gouvernement « d’indiquer où il compte placer les curseurs pour soutenir la médecine de proximité ».
À MG France, le Dr Claude Leicher se veut prudent. « Compte tenu de la situation, c’est déjà bien que l’ONDAM se situe à 2,7 %, c’est-à-dire un peu plus que l’inflation », se rassure-t-il, rappelant que « depuis 2000, il y a une décroissance des revenus des généralistes ». Le patron de MG France prend note des engagements de Marisol Touraine en faveur des soins de premier recours et demande un « fléchage volontaire » en faveur de la médecine de proximité.
Certaines spécialités, dont les biologistes et les radiologues, traditionnellement visés à cette période, sont déjà en alerte. D’autant que le rapport de la commission des comptes de la Sécurité sociale suggère des pistes d’économies en ce sens. Il souligne « la croissance des dépenses de scanners et d’IRM très soutenue » en 2011 (7,5 % après 10,4 % en 2010). La croissance des dépenses de biologie médicale est, elle, « en rebond par rapport à 2010 » (2,3 % en 2011), même si elle demeure « modérée ».
Le Dr Claude Cohen, président du Syndicat national des médecins biologistes (SNMB), rappelle que les tarifs des biologistes baissent « autoritairement » depuis six ans. Et adresse un message direct à Marisol Touraine : « Allez chercher des économies ailleurs ». Les radiologues ne sont pas en reste. Le Dr Jacques Niney, président de la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR), rappelle que depuis 2007 500 millions d’euros d’économies ont été réalisés sur les honoraires des radiologues. Le Dr Niney n’est « pas opposé » à un nouveau plan pluriannuel sur la spécialité à condition que « les promesses de valorisation faites en échange des économies soient tenues ».
Dans le rouge.
Les industriels du médicament de leur côté semblent presque résignés. Philippe Lamoureux, directeur général du LEEM (Les Entreprises du médicament), juge que « le niveau de l’ONDAM, fixé à 2,7 % au lieu de 2,5 % précédemment, ne doit pas laisser penser que la France peut se dispenser de réformes structurelles, notamment dans la dispensation des soins ». Et lance un avertissement : « Notre secteur sort d’une année de régulation injustifiée et sans précédent. Les mesures de court terme atteignent aujourd’hui leurs limites, nous sommes dans le rouge ».
A la FHF (Fédération hospitalière de France) en revanche, on dédramatise. « 2,7 %, c’est un effort significatif en faveur de l’ONDAM compte tenu de la conjoncture. Nous sommes relativement satisfaits », déclare Gérard Vincent. Le délégué général de la FHF rappelle néanmoins que 68 % des budgets hospitaliers sont consacrés au personnel. « Avec un ONDAM à 2,7 %, prévient-il, on ne peut pas dire qu’on ne va pas toucher à l’emploi. Et toute la question est de réduire les effectifs sans diminuer la qualité des soins ».
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