Les médecins généralistes du « Printemps de Roanne », dans la Loire, ne désarment pas, au contraire.
Après une semaine de grève du 3 au 9 octobre, les médecins roannais, toujours très mobilisés contre le projet de loi de santé adopté au Sénat le 6 octobre, ont décidé de programmer leur processus de déconventionnement « massif » et « solidaire », lorsque la loi Touraine aura été définitivement votée.
La décision a été arrêtée il y a quelques jours lors de la dernière réunion de ce collectif qui est un des fers de lance du mouvement des coordinations locales. « 70 % des médecins présents ont voté pour un déconventionnement massif et solidaire », assure au « Quotidien », le Dr Éric Lion, généraliste dans la région, un des leaders du
« Printemps de Roanne ». Au moins 44 médecins généralistes (certains représentant leurs confrères indisponibles le jour de la réunion) auraient déjà acté le principe du déconventionnement, une dizaine d’entre eux seraient encore indécis.
Informer les patients
Une nouvelle réunion est prévue ce jeudi pour préciser la mise en œuvre pratique de cette procédure de déconventionnement. « Nous allons faire des groupes de travail pour organiser notre démarche. Nous devons nous mettre d’accord sur les tarifs à appliquer vis-à-vis des patients et discuter de la question des charges », indique-t-il.
Le collectif a prévu une rencontre avec les patients afin de les informer sur le changement de situation. De fait, dans le cadre d’un passage hors convention, la consultation médicale est remboursée sur la base d’un montant dérisoire (le tarif d’autorité).
Début juin, 65 médecins roannais s’étaient donnés rendez-vous devant la caisse de Saint-Étienne pour connaître les démarches à suivre dans la perspective d’un déconventionnement.
Le projet est d’aller jusqu’au bout, c’est-à-dire de passer de la menace aux actes. « Nous allons tous rédiger le même courrier que nous déposerons le même jour chez un huissier à la date du vote définitif des députés. L’huissier enverra par la suite l’ensemble des courriers au directeur de la CPAM de Saint-Étienne, le jour où le premier décret d’application de la loi sortira. Il y a un mois de préavis pour que le déconventionnement soit acté », précise le Dr Bruno Pages, autre leader du collectif.
Les médecins roannais, qui ont rouvert leur cabinet lundi, ont également voté la poursuite de la grève « illimitée » de la permanence des soins (PDS) la nuit et le week-end jusqu’à nouvel ordre. « La PDS se fera uniquement sur réquisition », souligne le Dr Lion.
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