ON peut voire le verre à moitié vide ou à moitié plein. Certes, les dépenses de santé bénéficieront en 2013 de 4,6 milliards d’euros supplémentaires par rapport à 2012, ce qui n’est pas neutre dans un contexte de croissance atone. « Le gouvernement a fait le choix de faire de la santé une priorité en fixant l’ONDAM à 2,7 % au lieu de 2,5 % » a justifié Marisol Touraine, ministre en charge de la Santé, à l’issue de la commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS), qui a révélé une très lente réduction des déficits (tableau). Mais personne ne s’y trompe : cet ONDAM à 2,7 % signifie qu’il y aura bien un nouveau plan d’économies drastiques à la rentrée. Compte tenu de l’augmentation naturelle de 4 % des dépenses de santé, le gouvernement devra épargner plus de 2 milliards d’euros dans les différents postes.
Juste prix.
Marisol Touraine, pas plus que Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, n’a annoncé de mesures précises sur les coupes à venir. « Nous n’en sommes pas encore à élaborer le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2013 », a souligné la ministre de la Santé, tout en martelant la « nécessité d’engager des réformes structurelles ». Mais plusieurs pistes sont à l’étude, inscrites noir sur blanc dans le rapport préparatoire de Bercy pour le débat d’orientation des finances publiques. La Commission des comptes de la Sécu suggère également des pistes.
Le médicament devrait être le premier poste touché par un « renforcement des baisses de prix, avec une attention particulière sur les prix des médicaments génériques », écrit le ministère de l’Économie. « Après des années où la place des génériques s’est accrue, elle se rétracte aujourd’hui. Il faut définir le juste prix du médicament et favoriser les génériques », a développé Marisol Touraine. Les prescriptions, en particulier à destination des personnes âgées, devraient aussi être revues à la baisse. « Elles sont trop élevées, trop importantes », constate la ministre de la Santé.
Côté assurés sociaux, la ministre a précisé qu’il était « hors de question » de procéder à de nouveaux déremboursements afin de limiter les nouveaux efforts demandés aux ménages. Quant aux franchises médicales instaurées lors de la précédente législature, il n’est pas question pour l’instant de les supprimer...
Gains d’efficience à l’hôpital.
L’hôpital, qui représente 44 % du budget de l’ONDAM, sera mis à contribution avec la recherche de gains d’efficience. Bercy incite au développement de « meilleures pratiques » comme la chirurgie ambulatoire ou le respect des référentiels de la Haute autorité de santé dans la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique. Des économies sont également attendues du côté des achats hospitaliers dont le gouvernement exige l’optimisation. Marisol Touraine a indiqué qu’une réflexion était en cours sur les financements innovants, une solution pour des établissements de santé qui seraient en attente d’une rénovation ou reconstruction dans le cadre du plan Hôpital 2012. Les marges de manœuvre opérationnelles des ARS seront renforcées.
Le parcours de soins, surtout, devrait être réorganisé autour d’équipes de proximité, réunissant plusieurs professions libérales. « Le médecin de proximité sera l’une des clés de voûte du système. On a beaucoup parlé du parcours de soins, mais pas assez agi » martèle Marisol Touraine, sans plus de précisions.
Une nouvelle fois, la pilule risque d’être amère pour certaines spécialités techniques ou médicotechniques ayant bénéficié « d’évolutions technologiques » et de gains d’efficience. Les biologistes et les radiologues (lire ci-dessous) sentent déjà le vent du boulet.
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