La grève des médecins libéraux contre le projet de loi de santé a repris de plus belle depuis quelques jours. Le BLOC, le SML et la FMF, soutenus par l’UFML, avaient invité les praticiens à un arrêt d’activité depuis le 3 octobre tandis que MG France avait appelé les généralistes à fermer aujourd’hui leur cabinet. À la veille du vote au Sénat, les coordinations ont également organisé ce lundi de nombreuses actions (blocages routiers, manifestations devant des ARS ou des CPAM).
Le sud-est de la France très mobilisé
Aucun organisme public ne chiffrant les médecins libéraux grévistes, il est difficile de mesurer l’ampleur de la mobilisation. Selon les pointages de MG France, la grève a été fortement suivie dans le sud-est de la France. Dans le Rhône, 75 % des cabinets libéraux de Villeurbanne étaient fermés ce lundi, 50 % dans le 8e arrondissement de Lyon et à Vénissieux. Dans le Puy-de-Dôme, 70 % des cabinets n’avaient pas ouvert en Savoie, et 50 % des libéraux avait cessé toute activité à Chambéry.
Dans les Alpes-Maritimes frappées par des inondations sans précédent, les généralistes ont assuré leur présence auprès des patients, tout en manifestant leur soutien à la grève par des affiches ou des brassards, a précisé MG France.
Dans la Loire, 100 % des cabinets sont fermés dans le roannais, dans certaines communes du Forez et un cabinet sur deux à Saint-Étienne.
Estimant que cette journée de mobilisation était un succès, MG France a demandé à rencontrer le Premier ministre « pour lui porter les attentes légitimes des médecins généralistes ».
Cascades d’actions locales
De nombreuses actions de contestation ont été menées par les coordinations en région. À Rennes, une opération « bulot-escargot » a été organisée entre 10 h et 12 h sur un tronçon de la rocade pour rejoindre la mairie et distribuer des tracts à la population. Une action similaire à celle des coordinations d’Ile-de-France qui avait bloqué l’A15 le 3 octobre. En Haute-Garonne et dans les Bouches-du-Rhône, 200 médecins ont manifesté devant l’ARS de Toulouse et Marseille dans la matinée. Dans la Marne, la coordination 51 a organisé une journée santé morte où les médecins ont simulé un « effondrement », relayée sur les réseaux sociaux. À Rouen, des ophtalmologistes ont organisé un café santé citoyen dimanche pour prévenir les patients des dangers de la loi santé. Dans le Nord, la commune de Hondschoot a organisé des consultations gratuites pour les patients atteints de pathologies aigues également dans le but de les informer. En Saône-et-Loire, des professionnels de santé ont réalisé une action coup-de-poing devant la sous-préfecture de Chalon-sur-Saône en déversant des déchets médicaux manipulables uniquement par des personnes habilitées dans la nuit de dimanche à lundi.
Le soutien de la droite aux médecins
La mobilisation des médecins a une nouvelle fois rencontré un important écho médiatique. De nombreux hommes politiques de droite ont apporté leur soutien aux praticiens en grève. L’ancien Premier ministre Alain Juppé a promis de supprimer le tiers payant généralisé « qui déstabilise la médecine libérale ». Les Républicains ont également estimé que la loi de santé porterait « un grand coup » à la médecine libérale et pousserait à « la surconsommation médicale », lors de leur point de presse hebdomadaire à Paris. « Nous sommes en train d’assister avec la loi Touraine à une véritable étatisation de la médecine libérale. »
Le ministère de la Santé a affirmé avoir pris, en lien avec les ARS, les dispositions nécessaires pour que la continuité des soins soit assurée et pour que chaque patient puisse être pris en charge dans de bonnes conditions sur l’ensemble du territoire. « Seulement quelques dizaines de médecins (sur environ 120 000) ont été réquisitionnés depuis le début du mouvement », a précisé le ministère.
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