Sorties précoces de maternité

Nouvelle mise en garde de l’Académie

Publié le 27/01/2012
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Après la signature d’un avenant très attendu à la convention des sages-femmes le 10 janvier, rien ne devrait empêcher le projet d’aide au retour à domicile (PRADO) de s’étendre en 2012 dans toute la France. L’expérimentation, qui est actuellement menée dans une douzaine de caisses primaires, consiste à faire suivre les femmes volontaires dont l’accouchement s’est bien déroulé à domicile par une sage-femme libérale, 48 heures après la naissance de leur enfant. L’objectif affiché par l’Assurance-maladie est d’améliorer la satisfaction des mères lors de la prise en charge post-partum. Le dispositif permet en outre de réaliser d’importantes économies (d’un rapport de 1 à 4) grâce à la réduction du temps de séjour hospitalier.

L’Académie nationale de médecine affirme « ne méconnaître aucunement l’intérêt des sorties précoces de maternité ». Néanmoins, elle tient à renouveler ses recommandations.

Des volontaires informées.

Les premiers jours qui suivent une naissance représentent en effet pour le nouveau-né et la mère « une période d’adaptation physiologique complexe non exempte de risques nécessitant une surveillance médicale particulièrement vigilante ».

L’Académie conteste d’abord le caractère systématique d’un retour à domicile avant 3 jours et préconise le cas par cas, uniquement pour des femmes volontaires, informées, ne présentant aucune contre-indication médicale ou sociale. « La prescription de sortie de maternité doit conserver un caractère médical tant pour la mère que pour l’enfant », ajoutent les sages.

L’Académie se prononce ensuite sur le rôle des sages-femmes libérales. Elles doivent assurer une parfaite continuité par rapport aux soins dispensés en maternité, et pour cela connaître la jeune maman ou être au préalable informées du dossier. Les 2 visites prévues dans le dispositif PRADO sont un « strict minimum, 3 visites seraient souhaitables comme l’est l’examen médical du nouveau-né avant le 15e jour », précise l’Académie. La sage-femme doit être disponible à tout moment en cas de complication afin d’atteindre une qualité de soins et une garantie de sécurité équivalentes à celles d’une maternité. Enfin, les sages soulignent la nécessité d’évaluer le dispositif PRADO avant son extension à toute la France.

 COLINE GARRÉ

Source : lequotidiendumedecin.fr