À l’occasion d’une conférence internationale sur la rage, la première du genre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation mondiale pour la santé animale (OIE) et la Food and Drug Agriculture organisation (FAO) appellent les gouvernements à agir pour l’éradication de la maladie dans les années à venir.
Une maladie évitable à 100 %
La rage humaine est responsable de plus de 55 000 décès chaque année, dont 80 % concernent les populations des pays émergents d’Afrique et d’Asie, où l’on estime qu’une victime décède toutes les 15 minutes. Parmi elles, 40 % sont des enfants de moins de 15 ans.
Pourtant, comme l’explique le Dr Margaret Chan, directrice de l’OMS, la rage est une maladie évitable à 100 % grâce à 3 mesures clés : la vaccination préventive des hommes, le traitement post-exposition des victimes de morsure, et la vaccination canine de masse.
Le vaccin antirabique humain coûte cependant 40 à 50 dollars, ce qui le rend inabordable pour la plupart des populations exposées, dont cela représente jusqu’à plus d’un mois de salaire. Il en va de même pour les immunoglobulines du traitement post-exposition, qui coûtent cher, et sont souvent inaccessibles pour les victimes, la plupart résidant dans des zones rurales reculées.
Un effort des pays pour rendre ces traitements accessibles géographiquement et financièrement aux populations exposées constitue donc un point fondamental du plan d’action mis en place lors de la conférence.
Prévenir la rage canine, la mesure la plus efficace à long terme
La vaccination des chiens coûte en moyenne 1 dollar. Les morsures de chien sont responsables de 99 % des cas de rage chez l’humain, et les études montrent que la généralisation de cette vaccination peut enrayer la propagation de la maladie. « Vacciner 70 % des chiens en zone endémique permettrait de réduire à zéro le nombre de cas humains », déclare Bernard Vallat, le directeur de l’OIE, pour qui l’élimination de la rage par la vaccination canine de masse est la mesure la plus coût-efficace et la seule solution durable. Les pays qui se sont déjà engagés dans cette pratique ont ainsi vu les cas de rage canine et humaine diminuer drastiquement.
L’OMS précise que ceci doit s’accompagner d’une responsabilisation des propriétaires de chien, et de l’éducation des populations et particulièrement des enfants pour prévenir le risque de morsure.
Les experts appellent donc à la mobilisation des gouvernements et des populations pour mettre en place les mesures efficaces, et à l’amélioration de la surveillance épidémiologique, afin d’avoir une meilleure visibilité de l’incidence des morsures, des cas de rage, ou encore de la consommation de traitement post-exposition.
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