Une étude menée dans 28 pays

Les systèmes de santé au banc des accusés, les médecins plébiscités

Publié le 16/02/2012
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L’International Research institutes (IRIS), composé de 33 instituts d’études de marché, dont LH2 pour la France, vient de publier une étude comparative d’opinion menée dans 28 pays représentant les 5 continents, consacrée à la perception des populations sur leur système de santé.

Au terme de 22 500 questionnaires traités entre août et octobre 2011, le réseau IRIS tire plusieurs enseignements sur la perte de confiance des populations dans leur système de santé (ou le sentiment de dégradation), en dépit des bonnes relations nouées par ces patients avec leurs médecins.

À quelques exceptions près (Colombie, Chili, Égypte, Russie…), les professionnels de santé (médecins généralistes, spécialistes, pharmaciens) sont salués et même plébiscités par les sondés et constituent des relais d’information médicale privilégiée.

• Des systèmes de santé désavoués

La confiance dans les systèmes de santé locaux s’érode. Selon l’étude IRIS-LH2, seulement 36 % des populations, dans l’ensemble des 28 pays, jugent « excellent » ou en « plutôt bon état », leur système de santé. Les Asiatiques sont plus louangeurs que les nations européennes ou américaines. Ainsi, 81 % des Indonésiens sont satisfaits de l’organisation de la santé dans leur pays alors qu’ils sont 69 % en Turquie, 51 % au Canada, 48 % en Australie. Les chiffres s’effondrent en Europe occidentale. Les Français ne sont que 34 % à juger favorablement leur système de santé, en retrait par rapport au Royaume-Uni (42 %) mais devant l’Italie (26 %) ou l’Allemagne (24 %). En queue de peloton, on retrouve la Russie (17 %), la Grèce (12 %), la Pologne (12 %), l’Ukraine (9 %), la Colombie (8 %), l’Égypte (7 %) et la Roumanie (6 %).

La gestion du système de soins est particulièrement remise en cause dans une majorité de pays. Hormis en Asie et en Turquie où la politique de santé est applaudie, les populations (notamment européennes) sont critiques envers leur gouvernement comme la France où seulement 32 % de la population approuve la politique menée en matière de santé.

• Une organisation défaillante

Sur 22 des 28 pays concernés, la satisfaction du public à l’égard de l’organisation des soins est faible ou très faible. « Une mauvaise gestion du système plutôt qu’un défaut de financement » sont en cause.

En France, 59 % des sondés attribuent à cette mauvaise gestion les difficultés ou les défauts du système.

Dans 21 pays, les populations expriment leur préférence pour un système de soins financé de manière centralisée plutôt qu’un financement individuel par les particuliers. Les Allemands et les Américains sont d’un avis différent puisqu’ils sont quasiment aussi nombreux à préférer un financement par le biais de l’impôt ou un financement individuel. En France, la majorité se prononce pour une contribution de l’État (53 %), même si 38 % optent pour un financement individuel.

• Le médecin généraliste plébiscité

En dépit de la crise de confiance dans les systèmes de santé, les populations apprécient grandement leurs relations avec leur médecin de famille, traduisant ce lien privilégié du colloque singulier. Dans l’ensemble des pays, 84 % des sondés se déclarent très ou plutôt satisfaits de leur médecin généraliste. Ce résultat atteint des sommets en France (95 %) et aux Pays-Bas (95 %). Il est moins élevé en Ukraine (65 %), en Égypte (58 %), en Russie (57 %), au Chili (48 %) et en Colombie (42 %) où le résultat est le plus mauvais.

Par ailleurs, le recours aux médecins généralistes et aux spécialistes diffère fortement d’un pays à l’autre.

Les Égyptiens sont les moins nombreux à avoir consulté un médecin lors de l’année écoulée (6 % d’entre eux ont vu un généraliste et 9 % un spécialiste). Seulement 29 % des Finlandais ont vu leur médecin de famille en un an. En France, le niveau de recours annuel à un généraliste se situe à 62 % contre 59 % en moyenne. Il en est de même pour un spécialiste (51 % contre 43 % en moyenne).

• L’information en santé passe par les médecins...et Internet

Les praticiens - médecins généralistes (57 %) et spécialistes (38 %) - demeurent la principale source d’information des patients dans le domaine sanitaire. Ils devancent la famille (35 %), le pharmacien (30 %) mais sont surtout talonnés par Internet sur lequel 51 % des sondés effectuent des recherches spécifiques à la santé. Résultats étonnants : les livres demeurent en Chine une source d’information primordiale tandis qu’au Pakistan, 59 % des patients se renseignent sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter…).

• 7 personnes sur 10 s’estiment en bonne santé

L’état de santé ressenti est maintenant reconnu comme un indicateur important de la santé réelle.

Sept personnes sur 10 dans le monde se décrivent comme étant en « excellente » ou « bonne santé ». Les scores les plus élevés sont enregistrés chez les optimistes Irlandais (84 %), en Allemagne (82 %), aux États-Unis (85 %), en Colombie (84 %), mais aussi au Pakistan (87 %) et en Indonésie (85 %). Les Français sont dans la moyenne (72 %) tandis que les Russes sont les moins positifs (53 %).

CHRISTOPHE GATTUSO

Source : Le Quotidien du Médecin: 9085