ASSURANCE-MALADIE, retraite, congé maternité, allocations familiales, assurance chômage… Autant de protections essentielles dans la vie de chacun, mais dont seulement 20 % de la population mondiale peut bénéficier. Invité des Tribunes de la santé organisées par la Chaire Santé de Science Po, Martin Hirsch a présenté le travail du groupe d’experts présidé par Michelle Bachelet, chargé de plancher à la création d’une protection sociale universelle. « Nous avons tenté de casser un certain nombre d’idées fausses sur la protection sociale, précise Martin Hirsch. Nous avons acté que la protection sociale ne doit pas se faire en dernier et qu’elle peut contribuer à la création de richesses par exemple. On pensait avant que c’était un frein à la croissance. Ce n’est pas le cas comme le montre l’exemple du Brésil qui cumule depuis plusieurs années un fort taux de croissance et une politique active en matière de protection sociale. »
Réduire les inégalités
Selon l’ancien Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, la protection sociale devrait permettre de réduire les inégalités à l’intérieur même d’un pays. Afin d’avancer sur ce terrain, le groupe d’experts a demandé au G 20 d’inscrire cette question dans ses priorités. C’est désormais chose faite. Certains syndicats européens, qui craignaient de voir leur propre protection sociale baisser, étaient réfractaires à cette idée. « Il ne faut pas voir le socle comme un plancher ou un plafond mais plutôt comme un ensemble de principes transversaux », précise Martin Hirsch. Malgré l’hétérogénéité des pays, des problématiques communes s’imposent telles que le vieillissement. « La Chine va vieillir en vingt ans autant que la France en 120 ans, souligne Martin Hirsch. On trouve également des pays qui vont vieillir avant d’avoir été riches… ou des pays qui auront encore à s’occuper de leur jeunesse en même temps que de leur population vieillissante. » Plusieurs éléments restent à définir qui concernent le reste à charge des patients, la démographie des professions de santé, l’intérêt - ou non - de poser des conditions à l’accession aux aides. « À partir du moment où l’on définit le socle de protection sociale comme un ensemble de principes, sa mise en place devient envisageable », conclut Martin Hirsch. Le groupe d’experts a terminé ses premiers travaux. Il appartient désormais aux instances internationales de promouvoir ce projet.
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