EN DIX ANS la Chine a créé de toutes pièces un système de soins modernisé, soutenu par des investissements colossaux, et piloté par son Ministre de la santé Chen Zhu.
Rien que depuis 2009, pas moins de 120 milliards d’euros ont été injectés par le gouvernement chinois dans la gigantesque réforme du système de santé destinée à garantir (en quatre ans) à l’ensemble de la population un accès plus égalitaire à la Sécurité sociale universelle et aux soins de base. Environ 97 % de la population bénéficie d’une couverture sociale plus ou moins satisfaisante ; et 50 % des habitants urbains et ruraux disposent déjà d’un dossier numérique de santé.
Dans le cadre du douzième plan quinquennal qui s’achèvera en 2015, la deuxième phase de réformes du système de santé englobe tous les volets de l’offre des soins médicaux. D’énormes chantiers concernent des transformations et des mises aux normes dans les hôpitaux publics, l’accès aux soins pour les paysans, et le déploiement de la production des médicaments génériques.
Accroître l’espérance de vie.
Un autre objectif majeur prévoit d’améliorer l’offre de soins dans l’ensemble des petites structures du pays. « Il faut renforcer les établissements de proximité » précise Chen Zhu. La Chine a un besoin criant de nouveaux médecins et de professionnels de l’assurance-maladie mieux formés pour répondre à une clientèle de patients qui consulte de plus en plus. D’autant que, précise le ministre de la Santé, « les maladies chroniques non infectieuses sont une menace pour le peuple chinois » et que leurs traitements ne sont plus gérables dans les grands hôpitaux où chaque médecin reçoit une centaine de patients par jour et ne dispose que de quelques minutes par malade. Ces prises en charge sont de plus en plus confiées aux hôpitaux de taille moyenne déjà nombreux et souvent privés mais que la Chine veut améliorer. « La France a de nouveau été classée première au monde par l’OMS pour le caractère égalitaire de l’accès aux soins de sa population et seconde pour la qualité de ces performances médicales : mon vœu est que dans dix ans, la Chine fasse partie des dix premiers pays au monde dans ces deux domaines », s’exclame le ministre.
Du fait des réformes, l’espérance de vie en Chine atteindra prochainement 74,5 ans : « mon but est d’arriver à une moyenne de 75 ans », affirme le ministre. Pour y parvenir, il faut selon lui « introduire une expertise dans nos structures de taille moyenne. C’est là que nous attendons les Français », propose Chen Zhu.
Il appelle les médecins libéraux français et les collaborateurs de cliniques privées à venir soigner ou à monter des unités de soins en Chine. « S’ils sont intéressés pour partager leur expérience avec leurs homologues chinois, ils sont les bienvenus ! »
Cette proposition de partenariat ne concerne pas seulement les disciplines médicales. Afin d’améliorer le niveau de gestion de l’assurance-maladie, « la venue de compagnies d’assurance privées françaises est aussi souhaitée chez nous », ajoute le ministre. Durant les quatre prochaines années, entre 5 % et 6 % du PIB chinois sera alloué au seul budget de la santé.
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