DE NOTRE CORRESPONDANTE
POUR ÉVITER une hausse de la TVA de deux points en octobre, le gouvernement de Mario Monti a décidé de réduire massivement les dépenses publiques. Cette mission, qui passe par la chasse aux gaspillages tous azimuts, a été confiée à Enrico Bondi, l’homme qui a redressé le groupe agroalimentaire Parmalat après sa mise en faillite. Sur cinq ans, l’objectif de l’exécutif de technocrates et du « liquidateur » Enrico Bondi est d’économiser 85 milliards d’euros.
La « purge » n’épargne pas la santé dont les dépenses représentent 7,1 % du PIB. Il faut agir sur les coûts de l’assurance-maladie déficitaire, les dépenses hospitalières, les médicaments ou encore les fournitures...
Le gouvernement songe désormais aussi à renforcer la « productivité » des médecins de famille en leur demandant d’ouvrir leur cabinet tous les jours pour désengorger les urgences. Mais pas question d’augmenter les salaires des médecins généralistes. Du coup, cette proposition risque de créer des frictions entre le gouvernement et les syndicats médicaux.
Carte de Sécu à points.
Les assurés devront eux aussi contribuer à l’effort de redressement. Une très mauvaise nouvelle pour les 47 % d’Italiens exonérés de ticket modérateur. Le système d’exonérations liées au traitement de certaines pathologies serait remplacé par un mécanisme de franchise, sur la base des revenus annuels. Le projet prévoit l’introduction d’une...carte de Sécurité sociale à points, comme dans les supermarchés. Elle récompenserait les assurés « vertueux », c’est-à-dire ceux qui ne consomment pas beaucoup, en leur accordant des ristournes sur le montant des prestations.
D’autres recettes sont plus connues quoique rarement appliquées en Italie : planification des achats pour éviter la multiplication d’appareils inutilisés, contrôle de la distribution de médicaments pour éviter les gaspillages... Sans oublier la rationalisation des séjours hospitaliers avant et après les interventions. « J’ai été hospitalisé 10 jours avant une intervention bénigne. Le secrétariat de l’hôpital Benefratelli à Rome m’a expliqué qu’il valait mieux que je sois sur place pour éviter que quelqu’un d’autre prenne mon lit. L’hôpital s’est fait payer 10 jours en plus par la Sécurité sociale » s’insurge Gianfranco Paladini. Ce sexagénaire opéré d’un cancer à l’estomac a également reçu plusieurs boîtes de médicaments après chaque séance de chimiothérapie pour combattre les effets secondaires. « Un gâchis honteux, je n’en ai même pas utilisé la moitié ! Ce sont ces pratiques qui plombent la santé italienne ! » s’énerve ce patient.
Également dans le viseur : la gestion des ressources au niveau des régions. Le gouvernement Monti veut aboutir à une standardisation des coûts l’an prochain. Les régions vertueuses comme la Lombardie serviraient de mètre étalon pour la distribution des ressources. Mais ce mécanisme pénaliserait les régions qui ont plombé leurs budgets par des dépenses clientélistes. À commencer par la région de Rome, le Latium, qui affiche un découvert de 1,5 milliard d’euros pour l’année 2011.
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