Analyse des dépenses de santé : les pathologies qui pèsent le plus lourd

Publié le 23/10/2013

Pour mieux appréhender l’usage des ressources consacrées au système de santé, l’Assurance-maladie a procédé à leur analyse, non plus par type de soins (médicaux, infirmiers, médicaments, hôpital) mais par grande pathologie et processus (maladies chroniques versus épisodes de soins ponctuels). Les dépenses sont celles de l’ONDAM 2011, hors établissements médico-sociaux et certains fonds et dotations forfaitaires, soit 146 milliards d’euros.

Cette revue de détail montre le poids prépondérant des pathologies lourdes et chroniques (avec 92 milliards d’euros de remboursement et deux tiers des dépenses totales) mais illustre aussi l’importance des épisodes hospitaliers ponctuels (chirurgie de la cataracte, endoscopie...). Eclairage.

• Pathologies cardio-vasculaires : 14,7 milliards

Elles représentent 10 % des dépenses totales d’assurance-maladie. Plus de la moitié de cette somme est le fait de deux pathologies, la maladie coronaire aiguë ou chronique (4,4 milliards) et l’AVC (3,7 milliards).

• Diabète et autres facteurs de risque cardio-vasculaire : 15,7 milliards

Parmi ces pathologies, le diabète représente 7,5 milliards d’euros (5 % des dépenses totales), l’hypertension artérielle (HTA) 5,6 milliards, et l’hyperlipidémie 2,6 milliards. Au total, note l’Assurance-maladie, « les pathologies et facteurs de risque cardio-vasculaire totalisent plus de 20 % des dépenses remboursées ».

• Cancers : 14,5 milliards

Les cancers du sein et du côlon représentent à eux seuls 19 et 10 % des dépenses liées aux cancers (2,7 et 1,5 milliards). 80 % de ces dépenses sont liées à des cancers en phase active, et 20 % à des cancers plus anciens.

• Santé mentale : 22,6 milliards

Ce terme recouvre à la fois des pathologies psychiatriques ayant entraîné des hospitalisations (14,1 milliards) et les troubles entraînant une consommation régulière de médicaments psychotropes (8,5 milliards).

• Épisodes hospitaliers ponctuels : 29,9 milliards

Ces hospitalisations (sans rapport avec une pathologie chronique) représentent 10,5 millions de séjours en établissements de santé et pèsent près de 30 milliards d’euros. Les motifs de recours les plus courants sont les endoscopies digestives et la chirurgie fonctionnelle (cataracte, main et poignet, bouche et dents, orthopédie...). L’assurance-maladie met l’accent sur « le poids financier important » de ces épisodes hospitaliers ponctuels.

• Maternité : 9,4 milliards

Dans cette somme qui intègre tous les soins liés à la maternité, l’assurance-maladie englobe les frais d’indemnités journalières (3 milliards d’euros).

• Soins courants : 14,5 milliards

Ces soins habituels (consultations...) concernent l’essentiel de la population et génèrent au total 10 % de l’ensemble des dépenses (effet volume).

• Autres postes

Les autres principaux postes de dépenses, d’un niveau moins élevé, recouvrent les pathologies neurodégénératives (6,1 milliards), l’asthme et la BPCO (3,8 milliards), l’insuffisance rénale chronique terminale (3,4 milliards), les maladies inflammatoires, rares et VIH (4,5 milliards), les maladies du foie et du pancréas (1,3 milliard), les autres affections longue durée (3,7 milliards) et les traitements analgésiques AINS hors catégorie (1,5 milliard).

• Quelles leçons ?

L’assurance-maladie estime que cette nouvelle analyse des coûts par pathologie invite à développer, dans le cadre de la stratégie nationale de santé, des objectifs de prévention, « tout particulièrement pour des pathologies pour lesquelles des leviers d’action existent » (cardio-vasculaire, diabète, asthme, cancer).

Elle pose aussi le cadre préalable à « une étude approfondie des processus de soins », en permettant d’identifier « les marges de progrès et d’efficience ».

 H.S.R.

Source : lequotidiendumedecin.fr