Afin de lutter contre la 5e vague de Covid-19, l’augmentation de la couverture vaccinale de la population européenne et française et surtout l’accélération de la campagne de rappel sont de mise. Dans ce contexte, les autorités sanitaires semblent accorder une attention particulière aux schémas de vaccination hétérologues (mixant différents types de vaccins). En témoigne un récent avis de l’Agence européenne des médicaments (EMA).
Le 7 décembre, le régulateur a confirmé que les schémas hétérologues pouvaient être utilisés pour la vaccination et pour le rappel. L’agence se montre même très favorable aux vaccinations initiées avec un produit à vecteur viral (AstraZeneca ou Janssen pour la première dose ou toute la primovaccination) et poursuivies par un vaccin à ARNm (Pfizer ou Moderna) pour la seconde dose ou le rappel.
Ce genre de schéma autorise plus de fluidité et favorise ainsi la progression de la vaccination. Mais, surtout, cette stratégie de « mix and match » pourrait s’avérer associée à un gain d’efficacité vaccinale. C’est du moins ce qu’aurait montré une étude anglaise citée par le professeur d’infectiologie Odile Launay (Paris) lors d’une conférence de presse organisée le 9 décembre par l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) Maladies émergentes. « Les preuves provenant d’études sur la vaccination hétérologue suggèrent que la combinaison de vaccins à vecteur viral et de vaccins à ARNm produit de bons niveaux d’anticorps contre le virus du Covid-19 et une réponse des lymphocytes T plus élevée que l’utilisation du même vaccin (vaccination homologue), que ce soit dans un schéma primaire ou de rappel », rapporte plus généralement l’EMA.
Bientôt d’autres vaccins pour de nouvelles stratégies ?
Cet avis entérine plus qu’il ne change les pratiques françaises. Car, dans l’Hexagone, la Haute Autorité de santé avait appelé dès cet été à privilégier les vaccins à ARNm pour poursuivre la primovaccination chez les personnes ayant reçu initialement Vaxzevria. De plus, le rappel n’étant autorisé qu’avec des vaccins à ARNm, les schémas de rappel hétérologues sont la règle pour les primovaccinés avec AstraZeneca ou Janssen.
Cependant, à l’avenir, l’arrivée de vaccins fondés sur d’autres technologies pourrait faire émerger d’autres possibilités de mix and match. Pour Odile Launay, des schémas hétérologues pourraient en effet être envisagés avec le vaccin de Novavax (sous-unitaire, qui pourrait bientôt être autorisé en Europe), celui de Valneva (inactivé) ou celui de Sanofi (sous-unitaire, qui pourrait arriver au cours du premier trimestre sous réserve de résultats positifs en phase III).
D’ailleurs, l’Inserm et l’AP-HP ont annoncé le lancement de l’essai Coviboost, qui vise à estimer, chez des volontaires primovaccinés par Comirnaty (Pfizer-BioNTech), l’efficacité « des deux candidats vaccins à base de protéine recombinante associée avec un adjuvant développés par Sanofi-Pasteur et GSK (par rapport à) une 3e dose (homologue) du vaccin Pfizer-BioNTech ». En effet, 300 volontaires devraient recevoir, en dose de rappel, soit Comirnaty, soit le vaccin adjuvanté à protéine recombinante de Sanofi-Pasteur/GSK basé sur la souche originale du virus (souche Wuhan), soit une autre version de ce vaccin fondée sur le variant Bêta (variant sud-africain, le plus susceptible d’échapper à l’immunité adaptative avant l’arrivée d’Omicron).
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