VOLET « MÉDICAMENT »
Catégorie Thérapeutique ambulatoire : Beyfortus en prévention de la bronchiolite
L’arrivée du nirsévimab (Beyfortus, laboratoires Sanofi-AstraZeneca) a changé la donne dans les épidémies de bronchiolite chez les tout-petits. Cet anticorps monoclonal à une seule injection est utilisé en prévention des infections respiratoires inférieures causées par le virus respiratoire syncytial (VRS) chez les nouveau-nés et les nourrissons pendant leur première saison d’exposition au virus.
Le nirsévimab est une immunisation passive : il bloque la partie du virus responsable de son invasivité, sans stimulation des défenses immunitaires. Efficace de façon optimale une semaine après l'injection, il n’empêche pas l'infection et les mesures barrières habituelles restent complémentaires. « Les essais cliniques menés avec cet anticorps montrent une efficacité tout à fait remarquable sur la diminution des formes graves de la maladie et des hospitalisations », avait indiqué au Quotidien la Pr Christèle Gras-Le Guen, pédiatre au CHU de Nantes.
Après l'obtention de son autorisation de mise sur le marché (AMM) en octobre 2022, il a été mis à disposition dès septembre 2023 en France et dans trois autres pays (États-Unis, Espagne, Luxembourg).
Son arrivée après une épidémie 2022-2023 particulièrement virulente a suscité de grands espoirs parmi les professionnels de santé et un engouement chez les parents. Faute de doses suffisantes, cet anticorps monoclonal a d’abord été limité aux nouveau-nés et aux nourrissons vulnérables. Pour cette première année d’utilisation, l’analyse des données en vie réelle, publiée dans le New England Journal of Medicine, a estimé à 83 % l’efficacité du nirsévimab dans la prévention des hospitalisations pour bronchiolite à VRS chez l’enfant de moins de 12 mois.
L’accès a pu être proposé la saison suivante à l’ensemble des nourrissons de moins de 12 mois, puis a été élargi aux enfants qui demeurent vulnérables à une infection sévère due au VRS au cours de leur deuxième saison de circulation du virus, soit jusqu’à l’âge de 24 mois.
Beyfortus représente un progrès réel en santé publique
Annick Tibi, présidente du jury Médicament et Travaux de recherche
Le nirsévimab est pris en charge à 100 % lorsqu’il est administré à la maternité mais n’est remboursé qu’à hauteur de 30 % en ville. Si le reste à charge peut être couvert par les mutuelles (y compris complémentaire santé solidarité et aide médicale d’État), ce n’est pas le cas pour certaines familles, une situation dénoncée par les pédiatres et l’ex-ministre de la Santé Yannick Neuder.
Catégorie Maladies rares : Winrevair dans l’HTAP
Depuis octobre 2024, le sotatercept (Winrevair, laboratoire MSD) a une AMM en association avec d’autres traitements de l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) chez les patients adultes en classe fonctionnelle II à III de l’OMS, dans le but d’améliorer la capacité à l’effort.
C’est une véritable avancée, saluée par des sociétés savantes telle que la Société de pneumologie de langue française : ce premier traitement inhibiteur du signal de l’activine agit en améliorant l’équilibre entre les signaux pro et anti-prolifératifs qui régulent la multiplication des cellules vasculaires. La prolifération cellulaire est en effet responsable d’une vasoconstriction et du remodelage progressif des artères pulmonaires, conduisant à une élévation graduelle de la pression artérielle pulmonaire moyenne et à des résistances vasculaires pulmonaires, aboutissant à terme à une dysfonction du ventricule droit. Une découverte réalisée par le Pr Marc Humbert de l’hôpital Bicêtre (AP-HP), qui a reçu le grand prix Inserm 2025.
Les données d’évaluation issues de l’essai de phase 3 Stellar ont montré un effet significatif sur le test de marche pendant six minutes (plus de 40 mètres gagnés) avec un recul de six mois. Les experts attendent avec impatience des données de suivi de plus long terme sur la morbimortalité.
L’HTAP est une maladie rare avec environ 30 000 patients en Europe, âgés de 55 ans en moyenne mais avec une surreprésentation des femmes entre 30 et 50 ans. Le pronostic est plutôt mauvais puisque 43 % des patients décèdent moins de cinq ans après le diagnostic. Le sotatercept, administré en injection sous-cutanée une fois toutes les trois semaines, est indiqué chez les patients déjà traités par la trithérapie de référence (antagoniste des récepteurs de l’endothéline, inhibiteur de la phosphodiestérase 5 ou stimulateur de la guanylate cyclase soluble, analogue parentéral de la prostacycline).
Catégorie Thérapies innovantes : Vyjuvek, un gel dans l’épidermolyse bulleuse dystrophique
Vyjuvek (bérémagène géperpavec), de la société américaine Krystal Biotech, est indiqué pour le traitement des plaies chez les patients atteints d’épidermolyse bulleuse dystrophique (EBD) présentant une ou plusieurs mutations du gène de la chaîne alpha 1 du collagène de type VII (COL7A1) dès la naissance. C’est la première thérapie génique topique développée dans l’EBD. Autorisé en Europe depuis avril 2025, le bérémagène géperpavec avait obtenu en France dès 2024 un accès précoce chez les patients âgés de 6 mois et plus, qui court encore dans l’attente du remboursement.
L’EBD est une pathologie dermatologique héréditaire rare caractérisée par une fragilité cutanée et/ou de la muqueuse, à l’origine d’un décollement bulleux pouvant affecter des surfaces importantes, très douloureuse, prurigineuse et qui peut engager le pronostic vital dans ses formes sévères. La prévalence est estimée à 13 cas par million d’habitants en France. Le gel Filsuvez (extrait sec raffiné d’écorce de bouleau), autre traitement autorisé dans le traitement des plaies des patients souffrant d’EBD, présente une efficacité modeste mais n’est pas pris en charge par la solidarité nationale.
Cette thérapie génique délivre le gène COL7A1 dans les kératinocytes et les fibroblastes par l’intermédiaire d’un vecteur HSV-1 modifié pour ne pas se répliquer ni intégrer le génome de la cellule hôte, qui restaure la production locale de la chaîne alpha 1 du collagène de type VII (COL7) et rétablit la jonction dermo-épidermique permettant la cicatrisation des bulles et des plaies.
Vyjuvek est appliqué une fois par semaine sur une ou plusieurs plaies, jusqu’à ce qu’elles soient refermées, avant d’en sélectionner une ou plusieurs nouvelles à traiter. L’effet du Vyjuvek est important par rapport au placebo (différence de 46 % de répondeurs sur le critère de jugement principal évaluant le pourcentage de patients ayant une cicatrisation complète à six mois durant deux semaines consécutives), avec une cicatrisation de la plaie qui semble se maintenir à moyen terme (douze mois).
Catégorie Thérapies innovantes : Casgevy, une thérapie génique dans la bêta-thalassémie
Casgevy (exagamglogène autotemcel), de Vertex Pharmaceuticals, est autorisé en Europe dans le traitement de la bêta-thalassémie dépendante des transfusions (TDT) chez les patients âgés de 12 ans et plus éligibles à une greffe de cellules souches hématopoïétiques (CSH) et pour lesquels un donneur apparenté HLA compatible n’est pas disponible. L’objectif de cette thérapie génique est de remplacer l’hémoglobine A (HbA) déficiente par l’hémoglobine fœtale (HbF) afin de compenser le manque ou l'absence de bêta-globine.
Cette thérapie d'édition du génome utilisant la technologie Crispr/Cas9 a également une AMM dans la drépanocytose sévère chez les patients âgés de 12 ans et plus présentant des crises vaso-occlusives récurrentes (CVO) éligibles à une greffe de CSH et pour lesquels un donneur apparenté HLA-compatible n’est pas disponible. « Casgevy est un médicament de thérapie génique qui représente sur le plan “technologique” une véritable innovation, s’agissant de la première application thérapeutique du système Crispr/Cas 9 », a salué Annick Tibi.
Il s’agit d’une thérapie à base de cellules génétiquement modifiées composée de cellules souches et progénitrices hématopoïétiques CD34+ autologues éditées ex vivo. Une mobilisation des CSH CD34+ du patient doit ainsi être effectuée avant l’aphérèse afin d’isoler les cellules CD34+ pour la fabrication du médicament. Un conditionnement myélo-ablatif est nécessaire avant la perfusion de Casgevy (au moins 48 heures), celle-ci étant réalisée en bolus intraveineux via un cathéter veineux central.
Casgevy a reçu un accès précoce et un avis favorable au remboursement chez les patients âgés de 12 à 35 ans pour les deux hémoglobinopathies (soit des indications plus restreintes que celles de l’AMM). Dans la bêta-thalassémie, c’est une alternative aux transfusions sanguines associées aux chélateurs à vie. Le coût total de Casgevy est estimé à environ 1,9 million d’euros par patient. La population cible est d’environ 260 patients pour la bêta-thalassémie (et de 1 000 à 1 500 pour la drépanocytose).
Coup de cœur : Adzynma dans un purpura congénital
Adzynma (Adamts13r), du laboratoire Takeda, est un coup de cœur du jury dans le volet « Médicament », catégorie Maladies rares. Ce traitement enzymatique substitutif s’impose comme option à privilégier en première intention chez les patients, quel que soit leur âge, qui sont atteints de purpura thrombotique thrombocytopénique congénital (PTTc) dû à un déficit en Adamts13r, et ce, en tant que traitement prophylactique et à la demande en cas d’épisode aigu. Ce traitement, qui peut être administré à domicile voire auto-administré sous supervision d’un professionnel de santé, s’avère plus efficace, mieux toléré et plus accessible que le standard actuel par plasmathérapie. Commercialisé depuis novembre 2024, Adzynma, en accès précoce dès février de la même année, est en attente de prise en charge par la Sécurité sociale.
VOLET « TRAVAUX DE RECHERCHE »
Catégorie Recherche clinique : le Pr Michel Azizi pour la dénervation rénale dans l’HTA
Les travaux du centre d’investigation clinique que le Pr Michel Azizi coordonne au sein de l’hôpital européen Georges-Pompidou (Paris) ont permis de valider fin 2023 l’utilisation de la dénervation rénale endovasculaire pour le traitement de l’hypertension artérielle (HTA) réfractaire.
En 2010, le premier essai randomisé ouvert sur l’effet de la dénervation rénale bilatérale par cathéter, aux résultats spectaculaires, posait des problèmes méthodologiques. Aussi le Pr Azizi conseille-t-il aux autorités la prudence pour le lancement de la technique en France et décide de lancer une étude académique indépendante sur le sujet : l’essai Denerhtn.
Ces travaux, mieux conçus, produisent des résultats plus plausibles, avec une amélioration de 6 mm de Hg en mesure ambulatoire diurne dans le groupe de patients traités. La différence ? « Nous avons pris en compte de nombreux facteurs confondants, et en particulier la nécessité de mesurer objectivement l’observance du traitement antihypertenseur via des tests urinaires, explique le Pr Azizi. Nous avons alors compris que la dénervation rénale était une thérapeutique complémentaire au traitement antihypertenseur. »
Les nombreux travaux du Pr Azizi couvrent un large panel d'innovations tant pharmacologiques que non pharmacologiques
Annick Tibi, présidente du jury Médicament et Travaux de recherche
Les études suivantes du Pr Azizi, menées avec ou sans médicaments, ont été déterminantes pour évaluer de façon fiable la dénervation rénale et des nouvelles technologies comme l’utilisation d’ultrasons émis depuis une sonde à ballonnet, utilisés dans les études Radiance. Dans l’une d’entre elles, Radiance-HTN Trio, les patients devaient, avant la randomisation, recevoir une trithérapie antihypertensive standardisée sous la forme d’un seul comprimé comprenant un antagoniste des récepteurs de l’angiotensine II, un inhibiteur calcique et un diurétique thiazidique. Cette trithérapie en un seul comprimé a suffi à normaliser la pression artérielle de près d’un quart des patients.
Le Pr Azizi plaide pour un élargissement de l’accès à la dénervation rénale. « Il faudrait pouvoir accéder aux plateaux techniques où sont réalisées de plus en plus de procédures endovasculaires coronaires, valvulaires, rythmologiques, vasculaires et oncologiques, et surtout des spécialistes cardiologues et radiologues interventionnels car l’intervention, même rapide, est douloureuse », explique-t-il.
Catégorie Recherche fondamentale : Valérie Crépel et Christophe Mulle pour les récepteurs kaïnate, cibles d’une thérapie génique dans l’épilepsie
Valérie Crépel, directrice de recherche Inserm à l'Institut de neurobiologie de la Méditerranée (Inmed), à Marseille, et Christophe Mulle, directeur de recherche à l’Institut interdisciplinaire de neurosciences (IINS), à Bordeaux, ont élaboré une nouvelle thérapie génique prometteuse dans l'épilepsie du lobe temporal réfractaire. Au cours de leurs travaux sur la physiopathologie de cette épilepsie focale, les équipes de recherche ont mis en lumière que les synapses se trouvent délocalisées dans l'hippocampe épileptique mais aussi qu'elles fonctionnent via des récepteurs kaïnate (un sous-type de récepteurs au glutamate) ectopiques.
Ces récepteurs, en jouant un rôle clé dans le déclenchement de crises récurrentes, sont une cible thérapeutique de choix. Les deux équipes ont développé une nouvelle thérapie génique, AMT-260, qui cible la sous-unité Gluk2 des récepteurs kaïnate dans l'hippocampe. Après plusieurs études précliniques fructueuses dans des modèles murins et primates non humains, la thérapie a été testée chez un premier humain dans un essai de phase 1/2a mené par uniQure. Elle a permis de réduire de 92 % la fréquence des crises convulsives, sans effet indésirable observé. « Ces travaux représentent une trajectoire exemplaire de la recherche fondamentale à l'essai clinique et portent une avancée potentiellement majeure dans le traitement de l'épilepsie du lobe temporal », a commenté Annick Tibi.
Les équipes de l’Inmed et de l’IINS travaillent également sur les interneurones et l’altération de leurs propriétés dans des conditions normales et épileptiques ainsi que sur les molécules d’adhésion associées aux canaux potassiques Kv1 impliquées dans les neuropathies avec hyperexcitabilité.
VOLET « MEDTECH ET SOLUTIONS NUMÉRIQUES »
Catégorie Grandes entreprises : Optune Gio, une thérapie non invasive dans le glioblastome
Développé par la société spécialisée en oncologie Novocure, Optune Gio est un dispositif médical portable non invasif conçu pour la prise en charge du glioblastome nouvellement diagnostiqué chez l’adulte. Il émet des champs électriques alternatifs (TTFields) antimitotiques pour traiter « physiquement » le cancer en perturbant la division des cellules tumorales, entraînant ainsi leur destruction, sans léser les cellules saines environnantes.
Composé d’un boîtier et d’électrodes, ce dispositif a permis d’améliorer significativement la survie des patients, sans causer d’effets indésirables systémiques. « En utilisant les propriétés différentielles des champs électriques alternatifs sur les cellules saines ou tumorales, des résultats significatifs sur la survie ont pu être démontrés », a commenté le Pr Éric Vicaut, coprésident du jury Medtech et solutions numériques du Galien. La société Novocure déclare qu’aujourd’hui plus de 1 000 patients en France ont pu bénéficier de cette technologie ayant reçu un avis positif de la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et technologies de santé (Cnedimts) en juillet 2021 pour un usage dans le glioblastome en association avec le témozolomide. « Le jury a été particulièrement sensible à l’innovation de rupture que représente le dispositif Optune Gio. Le choix de s’appuyer sur une approche physique originale s’est révélé une option particulièrement intéressante, cet exemple montre qu’il est parfois nécessaire de changer de paradigme pour faire avancer la thérapeutique. »
Catégorie Petites entreprises : echOpen 01, un échographe portatif
EchOpen 01 est une sonde connectée ultra-portable tri-fréquence développée par la start-up echOpen, en partenariat avec l’AP-HP. Connectée au smartphone du professionnel de santé, la sonde permet d’obtenir en temps réel des images qui peuvent ensuite être partagées ou stockées.
L’objectif des cofondateurs, Olivier de Fresnoye et les Drs Mehdi Benchoufi et Pierre Bourrier, était de concevoir un appareil qui s’adapte au besoin des praticiens et à la sémiologie, afin de les accompagner dans leur prise en charge et réduire le doute diagnostique. Conçue et fabriquée en France, cette innovation représente une opportunité de démocratiser à large échelle l’échographie en permettant à tous les médecins d’avoir un échographe portatif dans la poche à un prix accessible.
Commercialisée depuis janvier 2024, elle est aujourd’hui la sonde la plus vendue en France sur les douze derniers mois. Depuis son lancement, elle est également déployée dans différents services des établissements de l’AP-HP, ainsi qu’en unité de diagnostic rapide à l’hôpital ou en ville dans le département du 93 via l’ARS Île-de-France dans le cadre du projet Echo93. Ce dernier, mené conjointement avec l’AP-HP, veut créer un pont entre la ville et l’hôpital en Seine-Saint-Denis pour réduire le temps de diagnostic. Un bus de santé, qui propose des consultations médicales nomades dans les zones éloignées du système de soins, sera également équipé d’une sonde.
EchOpen a su développer une solution d’échographie ultra-portable et simple d'utilisation
Martial Fraysse, coprésident du jury Medtech et solutions numériques
« Le domaine de l'imagerie médicale, notamment de l'échographie, est un secteur propice aux innovations technologiques liées non seulement à l'amélioration de la qualité des sondes mais surtout à l'impressionnante capacité de traitement des signaux par des algorithmes de plus en plus performants. EchOpen a su développer une solution d’échographie ultra-portable et simple d'utilisation qui tient compte de ces deux aspects. Cette solution permet d'améliorer la prise en charge des patients et de diminuer la perte de chance liée à l'absence de centre d'imagerie à proximité », a commenté Martial Fraysse, coprésident du jury Medtech et solutions numériques.
Coup de cœur : Clinotopia simplifie l’accès aux essais cliniques
Clinotopia est un coup de cœur du jury dans le volet « Medtech et solutions numériques », catégorie Petites entreprises. Cette plateforme gratuite de référencement et de mise en relation permet aux patients et aux professionnels de santé d’accéder aux informations concernant la recherche clinique en France, de manière exhaustive et simplifiée, afin de la rendre accessible à tous. L’initiative est portée par Céline Masquelier, diplômée en neurosciences et ayant travaillé dix ans en recherche clinique dans le public et le privé. L’idée est née en 2023 quand elle a voulu trouver un essai pour un proche. « Comment un patient peut-il trouver un essai clinique si moi-même, en tant que scientifique et professionnelle du secteur, je n'y parvenais pas ? », explique-t-elle.
VOLET « ACCOMPAGNEMENT DU PATIENT »
La Maison des femmes Restart, un réseau au service des victimes de violences
Les besoins des femmes victimes de violences dépassent la santé physique. C’est pour y répondre que la première Maison des femmes a vu le jour. Emblématique de la démarche, l’établissement de Saint-Denis, née en 2016 sous l’impulsion de la Dr Ghada Hatem, gynécologue, a inspiré d’autres professionnels. Rattachées à des hôpitaux, ces structures proposent une prise en charge médico-psycho-sociale globale et des parcours de soins personnalisés.
Alors que ce modèle de guichet unique pour un accès à une équipe pluridisciplinaire a essaimé sur le territoire, les différents centres se sont fédérés en 2021 au sein du collectif Maison des femmes Restart. Le réseau compte aujourd’hui une trentaine de structures dans l’Hexagone, mais aussi en Outre-mer et même à l’étranger, avec des Maisons à Mexico et à Bruxelles. Environ 17 000 femmes sont ainsi accompagnées chaque année.
La création de ce collectif a vocation à mutualiser les compétences et les connaissances, tout en favorisant les échanges de bonnes pratiques entre professionnels. Des rencontres et séminaires à l’échelle locale, nationale ou internationale sont régulièrement organisés.
Le collectif a aussi l’ambition de permettre la réalisation d’études, et de premiers travaux sont déjà lancés. En partenariat avec l’Inserm, une étude portée par les Prs Marc Bardou et Fabienne El Khoury vise à construire un indice d’amélioration du psychotraumatisme. « Il s’agit de démontrer que les femmes vont mieux, qu’elles sont davantage en capacité d’agir après un accompagnement global de leur situation. Des études de cohorte sur vingt ans, avec des entretiens annuels, seraient pertinentes pour étudier le parcours des femmes accompagnées et permettre des comparaisons », expliquait récemment la Dr Hatem lors d’un entretien avec la revue Profession sage-femme.
Coup de cœur : les clowns du Rire médecin dérident les Uaped
Les clowns hospitaliers de l’association Le Rire médecin sont les premiers à avoir investi les unités d’accueil pédiatrique Enfants en danger (Uaped), qui offrent une prise en charge globale des victimes de maltraitance psychologique, physique et/ou sexuelle. Alors que l’attente peut être longue entre les examens et les auditions, et le contexte particulièrement éprouvant, les comédiens spécialement formés proposent aux jeunes une parenthèse d’insouciance et des respirations ludiques qui leur permettent de se reconnecter avec leurs émotions. Grâce au clown, la parole de l’enfant peut se libérer. Le premier programme du Rire médecin en Uaped a vu le jour au CHU d’Orléans en 2014. Il s’est, depuis, étendu aux unités des CHU de Nantes et d’Angers.
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