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Covid-19 : les vaccins permettent de réduire la contagiosité des personnes infectées

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Publié le 14/01/2022
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Une étude du New England Journal of Medicine (NEJM) suggère que les personnes vaccinées et tout de même infectées par le SARS-CoV-2 seraient moins contagieuses que les malades non-vaccinés.

Crédit photo : VOISIN/PHANIE

Même s'ils n'empêchent pas d'être contaminé par le SARS-CoV-2, les vaccins anti-Covid-19 permettraient d'abaisser le niveau de contagiosité des vaccinés infectés. Une action qui passerait notamment par une réduction de la charge virale excrétée en cas d'infection après vaccination. Telles sont les conclusions d’une étude rétrospective publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM).

Depuis le début de la campagne de vaccination, les données s'accumulent sur la protection conférée par les vaccins anti-Covid-19 contre les formes symptomatiques ou sévères d’infection à SARS-CoV-2. Cependant, alors que le virus continue de circuler malgré l’augmentation des couvertures vaccinales, la question de l’action des vaccins contre la transmission du coronavirus continue de se poser. Plus précisément, les données manquent pour évaluer la capacité des vaccins à réduire la propagation du virus par des personnes infectées malgré une vaccination complète, en particulier pour les derniers variants dominants, Delta et Omicron.

Pour résoudre cette inconnue au moins vis-à-vis du variant Delta, les auteurs de l'étude du NEJM se sont penchés sur les données de contact-tracing anglaises. Ils ont examiné les données de plus de 146 000 contacts – dont près de 55 000 (37 %) se sont avérés positifs au Covid-19 – et des 108 000 patients index correspondants - tous ayant bénéficié d’une PCR.

Les vaccins partiellement efficaces sur la contagiosité des infectés

Résultat : les vaccins Pfizer et AstraZeneca, utilisés dans le cadre de la campagne de vaccination anglaise, s’avèrent tous deux capables de limiter le nombre de contaminations provoquées par les vaccinés infectés. Et ce, y compris avec le variant Delta.

Toutefois, sans surprise, « la réduction de la transmission du variant Delta associée au vaccin était plus faible qu’avec alpha, […] et était plus importante [avec Pfizer] (rapport de taux ajusté pour la comparaison avec l'absence de vaccination, 0,50) qu'après deux injections [d’AstraZeneca] (rapport de taux ajusté, 0,76) », détaillent les auteurs.

En outre, de façon également peu étonnante, face à Delta, cet effet contre la contagiosité des vaccinés infectés s’estompe avec le temps. Un phénomène plus marqué avec le vaccin d’AstraZeneca qu’avec celui de Pfizer. « Les réductions de la transmission du variant Delta ont diminué au fil du temps […], atteignant des niveaux similaires à ceux des personnes non vaccinées à 12 semaines chez les patients index qui avaient reçu [le vaccin AstraZeneca] et s'atténuant considérablement chez ceux qui avaient reçu [le vaccin Pfizer] », expliquent les chercheurs.

Une réduction de la charge virale ?

Pour les auteurs, la réduction de la contagiosité des vaccinés infectés observée au moins dans les premiers mois suivant la vaccination pourrait s’expliquer en partie par une réduction de la charge virale excrétée par les malades. En effet, comme le rapportait hier lors d’un point presse de l’ANRS Maladies infectieuses Odile Launay, membre du comité scientifique vaccin Covid-19, cette étude montre que la charge virale excrétée par les vaccinés est moins importante que celle excrétée par les non vaccinés. Un phénomène qui, pour l’infectiologue, pourrait s’avérer « encore vrai, voire plus vrai » avec Omicron, comme le suggéreraient des données danoises.

Pour autant, la réduction de la contagiosité des vaccinés ne peut entièrement s’expliquer par une diminution de la charge virale excrétée par les malades, estiment les auteurs, les variations de charges virales observées expliquant seulement « 7 à 23 % de la réduction de la transmission des deux variants associée à la vaccination ». Ainsi les chercheurs supposent-ils que la vaccination agit aussi sur la contagiosité « par d’autres mécanismes ».


Source : lequotidiendumedecin.fr