« Alors que les généralistes n’hésitent pas à prescrire des glycémies, des créatininémies et des cholestérolémies dans le cadre de bilans de suivi de leurs patients, ils sont réticents à y associer une mesure des transaminases. Pourtant, ce dosage respecte tous les critères d’un examen de dépistage : une simplicité de réalisation, un faible coût, une disponibilité sur tout le territoire, une reproductibilité et une sensibilité particulière qui rend aisée l’interprétation du test ».
À l’occasion de la 12e Paris Hepatology Conference (Palais des congrès, 15 au 16 janvier), le Pr Patrick Marcellin, fondateur et organisateur de ce congrès, a plaidé une nouvelle fois pour un dépistage de masse des maladies hépatiques via le dosage des transaminases.
Alors que la mortalité des maladies hépatiques – essentiellement due au cancer du foie - est en augmentation, « c’est grâce à la généralisation de ces tests qu’il sera possible de détecter plus précocement les pathologies hépatiques qui peuvent désormais être traitées par de nouvelles classes thérapeutiques efficaces », avant le stade de cancérisation, argumente le Pr Marcellin.
De fait, il est désormais possible de contrôler l’infection par le virus de l’hépatite B (lamuvidine, ténofovir, entécavir), de guérir 100 % des hépatites C, de proposer des mesures thérapeutiques en cas de stéatose non alcoolique (Nash) telles que la perte de poids ou la prise en charge d’un diabète associé. Même le carcinome hépatocellulaire, « longtemps considéré comme incurable, va bientôt pouvoir bénéficier de traitements beaucoup plus efficaces dans les mois qui viennent » (chimio-embolisation, radiofréquence ou immunothérapie les hépatocarcinomes).
Mais pour le moment, « parce que ces maladies sont silencieuses et asymptomatiques, elles sont, dans plus d’un tiers des cas, révélées à un stade trop évolué et incurable ».
En pratique, le Pr Marcellin propose donc « le dosage systématique des transaminases lors de tout examen de routine ». Une augmentation des chiffres signe une inflammation hépatique dans plus de 75 % des cas, les ALAT étant le marqueur le plus sensible d’inflammation hépatique.
Si les valeurs obtenues dépassent la norme du laboratoire, un avis spécialisé peut être nécessaire, en sus du bilan étiologique, afin de déterminer le stade de l’atteinte par des méthodes fiables mais plus onéreuses et pas toujours aisément disponibles (scores, tests sanguins spécialisés, élastométrie, biopsie…).
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