Le vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB) n’est pas le seul trouble bénin mais invalidant associé à des vertiges. C’est aussi le cas des migraines vestibulaires, dont le diagnostic peut apparaître délicat, du fait d’un risque de confusion avec les accidents ischémiques transitoires (AIT). En effet, les AIT survenant en particulier dans les territoires vertébro-basilaires (impliqués dans 7 % des AIT) occasionnent eux aussi des vertiges, accompagnés, comme dans les migraines vestibulaires, de troubles visuels et sensitifs. Le congrès de la SFORL a été l’occasion de faire le point sur le diagnostic clinique différentiel de ces deux grands types de troubles.
Premier constat : les migraines vestibulaires et les AIT se distinguent d’abord par leur terrain de survenue, les migraines vestibulaires concernant plutôt les femmes jeunes rapportant à l’anamnèse des antécédents de migraine et de mal des transports et les AIT touchant plutôt des hommes plus âgés et à risque cardiovasculaire. Par ailleurs, la temporalité n’est pas la même : alors que la migraine vestibulaire débute progressivement et peut se prolonger – avec des vertiges parfois jusqu’à une semaine –, les AIT commencent aussi brutalement qu’ils s’arrêtent, le plus souvent en moins d’une heure. De plus, les vertiges migraineux se révèlent plutôt déclenchés par des mouvements de tête ou des stimuli visuels, contrairement à ceux liés à un AIT.
Mais, surtout, la nature des symptômes n’est pas tout à fait identique. La migraine vestibulaire associe aux vertiges des symptômes plutôt positifs (flash lumineux, scotomes scintillants, paresthésie, etc.) quand l’AIT s’accompagne au contraire de symptômes plutôt négatifs (amputation du champ visuel, cécité transitoire, déficits neurologiques moteurs ou sensitifs focaux, etc.). La présence ou non de céphalées permet aussi d’orienter le diagnostic, les douleurs étant rares en cas d’AIT. À l’inverse, des vertiges associés à une illusion de pièce inclinée (bascule du champ visuel de 90 ou 180 degrés, qui peut durer de moins d’une minute à quelques heures) doivent, eux, faire évoquer un AIT, voire un AVC.
Article précédent
Anosmies séquellaires : la piste du plasma riche en plaquettes
Article suivant
Greffe de larynx : « le résultat vocal est bon, voire très bon »
Rhinosinusite chronique : l’antibiothérapie prolongée en question
Vertiges positionnels paroxystiques bénins : tout dépend du canal
Anosmies séquellaires : la piste du plasma riche en plaquettes
Migraine vestibulaire ou AIT ?
Greffe de larynx : « le résultat vocal est bon, voire très bon »
Cancer ORL : l’immunothérapie gagne du terrain
Infections cervicales profondes : moins d’indications opératoires
SMS du congrès SFORL 2025
Les formes sévères de spina bifida sont associées à un risque plus élevé d’apnées du sommeil
La consommation de cocaïne augmente en France, les politiques de santé publique à repenser
Syndrome coronaire aigu : la piste de l’interleukine 2 en prévention de la récidive
Sepsis : de mauvaises pratiques pour les hémocultures persistent en Europe