MG France articule ses propositions autour d’une même conviction : l’accès aux soins, la prévention et la maîtrise des dépenses passent par une médecine générale traitante « forte et indépendante », organisée au sein des soins primaires. Pour les cent premiers jours du prochain quinquennat, le syndicat identifie trois chantiers prioritaires : reconnaître pleinement, dans le cadre conventionnel, le rôle du médecin généraliste traitant ; lancer un plan visant à préserver l’offre de soins primaires face à la financiarisation et aux plateformes ; et créer une offre publique d’assurance complémentaire santé facultative.
Dans sa vision du médecin traitant, MG France insiste également sur le travail en équipe, la formation continue, l’indépendance vis-à-vis de la financiarisation, mais aussi sur l'usage de l’intelligence artificielle et la prise en compte de l’impact environnemental des soins. Cette plateforme de propositions doit désormais servir de feuille de route au syndicat dans le débat présidentiel, MG France indiquant vouloir porter ces engagements auprès des candidats.
Trois leviers pour renforcer la médecine générale
Parmi les 40 propositions, MG France met notamment l’accent sur la prise en charge des patients les plus complexes, jugée insuffisamment valorisée par le système actuel. Le syndicat estime que la nomenclature privilégie encore trop le volume d’actes au détriment de la difficulté des situations rencontrées. Vieillissement, polypathologies, souffrance psychique ou encore absence de recours à un spécialiste sont autant de situations qui, selon lui, justifient une meilleure reconnaissance du travail réalisé en soins primaires. Le syndicat propose ainsi de revoir la rémunération autour de trois niveaux de complexité clinique, avec la création d’un niveau intermédiaire et l’élargissement des consultations reconnues comme complexes. Il demande également une revalorisation « franche » de la visite à domicile auprès des patients vulnérables, notamment ceux en ALD ou en situation de dépendance, ainsi qu’une montée en charge de la rémunération forfaitaire, avec des majorations pour les patients âgés dépendants, multimorbides, précaires ou relevant de la santé mentale.
Cette évolution suppose aussi, pour le syndicat, de faciliter le recours aux assistants médicaux, afin de permettre au médecin de déléguer certaines tâches administratives.
Mieux cibler les aides à l’installation
Autre priorité : repenser les aides à l’installation. MG France souhaite qu’elles soient davantage adaptées aux réalités locales, avec notamment des révisions plus régulières des zonages et une meilleure prise en compte des contraintes propres au lieu d’exercice. Le syndicat propose également de conditionner ces aides à une installation en secteur 1. L'enjeu, selon MG France, est de faire en sorte que les dispositifs d'aide orientent davantage les jeunes médecins vers la médecine générale traitante.
Une complémentaire santé publique pour « donner un point de comparaison »
MG France souhaite également la création d’une offre publique d’assurance complémentaire santé, facultative, gérée par l’Assurance maladie. Le dispositif proposé serait distinct de la complémentaire santé solidaire et ne viserait pas à remplacer les organismes complémentaires existants. Il fonctionnerait sans sélection du risque ni tarification en fonction de celui-ci, avec des frais de gestion alignés sur ceux de l’Assurance maladie obligatoire. Pour MG France, cette offre publique aurait surtout vocation à apporter davantage de lisibilité dans un secteur jugé complexe par les patients, tout en réaffirmant le principe d’un accès financier universel aux soins.
Dépassements d’honoraires : la CNAM ouvre une concertation avec les médecins
France Asalée crée un nouveau syndicat pour défendre l’interprofessionnalité
Nouvelle chasse aux forts prescripteurs d'indemnités journalières : 650 généralistes dans le viseur de la Cnam, les syndicats mis devant le fait accompli
Embellie de la démographie médicale, les docteurs juniors bientôt en renfort... l'autosatisfecit du gouvernement sur sa politique d'accès aux soins