Elle n'aura « malheureusement » pas pu faire le déplacement, retenue à Paris pour cause de « finalisation du budget de la Sécurité sociale ». Mais Stéphanie Rist a tenu à adresser un message vidéo de sympathie et de soutien aux troupes de la CSMF, réunies ce début octobre à La Baule, dans le cadre de leur 32ème universités. Pas de quoi, manifestement, enthousiasmer les quelque 200 médecins présents dans l'amphithéâtre du Palais des congrès baulois, sans doute encore sonnés par l'annonce faite la veille d'un sous-ondam de ville, réduit à peau de chagrin pour 2027 et annoncé à peine à 1%.
Bien plus enthousiasmant a été, en revanche, la présentation du Livre Blanc "Construire la médecine libérale de demain" et du "Manifeste pour une médecine libérale forte, innovante responsable et solidaire". Deux documents qui témoignent d'un vrai travail de fond, d'analyse et de prospective en faveur de la médecine libérale et de sa place dans le système de santé. Tour d'horizon des propositions.
Tout part de la question centrale : quelle médecine libérale voulons-nous dans dix ans ? En effet, « la transformation démographique de la France est l'un des faits les plus structurants des prochaines décennies », relève la Conf'. Pour autant, selon le syndicat, le vieillissement de la population change avant tout la nature des besoins en santé des Français plus que leur volume. Ainsi, la médecine de demain sera « une médecine de parcours, de continuité et de pertinence » au sein de laquelle, « généralistes et spécialistes doivent être pensés comme les deux composantes d'une même chaîne de valeur médicale ».
Les solutions ne se décrètent pas depuis Paris
En outre, pour la CSMF, il est plus qu'urgent d'anticiper désormais, l'évolution de la démographie médicale. « Il faut une vision par spécialité et par territoire, à un horizon d'au moins dix ans », insiste la Conf'. Qui appelle de ses vœux à la création d'un Observatoire spécifique intégrant par département et par spécialité, l'offre libérale et hospitalière, l'activité réelle, les plateaux techniques, les départs prévisibles et les internes formés.
Après avoir rappelé qu'en matière d'accès aux soins, « les solutions ne se décrètent pas depuis Paris », le Livre Blanc demande, entre autres, que la représentation médicale libérale soit effective dans les instances départementales qui définissent l'accès aux soins.
La prévention comme première politique de santé
Quant au chapitre concernant l'évolution des différents métiers du soin, la CSMF, qui convient de cette réalité, rappelle un principe clair : « la coopération ne doit pas devenir une substitution implicite ».
Par ailleurs, le Livre Blanc appelle à faire de la prévention, la première politique de santé. En ce sens, elle doit disposer d'un modèle économique propre qui ne peut s'acquérir qu'en dotant « la France d'une stratégie pluriannuelle de prévention avec objectifs, indicateurs, gouvernance scientifique et financement identifié ».
Comme le résume, cette semaine, le Dr Franck Devulder, patron de la Conf' dans les colonnes du Quotidien : « il faut une loi de programmation en santé, comme il en existe pour la justice et les armées ». On n'avance pas sans boussole.
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