Aussitôt promis, aussitôt lancé ! Alors que la contestation de la médecine libérale est à peine achevée, après un mouvement de grève unitaire historique du 5 au 15 janvier 2026, la Cnam fait un geste fort pour traduire sans délai la promesse du gouvernement de relancer un cycle de négociations conventionnelles. « Conformément aux engagements pris par Stéphanie Rist, ministre de la Santé (…), l’Assurance-maladie engage, dès cette semaine, un cycle de discussions avec les syndicats représentatifs des médecins libéraux », avance la Cnam.
Bilatérales du 22 au 30 janvier
Un calendrier serré a été fixé. MG France est le premier syndicat à être reçu ce jeudi 22 janvier. La CSMF et la FMF le 28 janvier, puis Avenir Spé et Le Bloc le 29 janvier. La Cnam a prévu de rencontrer l’UFML (non signataire de la convention médicale) le 30 janvier.
Le programme s’annonce épicé. Selon la Cnam, ces réunions doivent permettre « d’avancer très concrètement » sur une poignée de thématiques dont plusieurs font partie des sujets les plus conflictuels de la séquence récente. La Cnam veut travailler sur les arrêts de travail, la « gestion du dispositif de l’Optam (option de pratique tarifaire maîtrisée) et l’évolution des dépassements d’honoraires », la nouvelle classification commune des actes médicaux (CCAM technique) ou encore l’imagerie médicale. Elle compte aussi assurer le déploiement des dispositifs prévus par la convention, un bloc de sujets plus consensuels : « équipes de soins spécialisés (ESS), assistant médical employé par un groupe de médecins, volet prévention du nouveau forfait médecin traitant ».
Un climat de sérénité ?
Si la Cnam « réaffirme son attachement à la convention médicale signée en 2024 », dont le déploiement est déjà fortement engagé, elle souhaite aussi « pouvoir faire vivre le dialogue conventionnel dans un climat de confiance et de sérénité ».
Ce qui est loin d’être gagné. Lors de la grande manifestation des médecins libéraux le 10 janvier, des slogans ou pancartes de syndicats ou collectifs médicaux ont dénoncé une forme de « dérive autoritaire » dans le pilotage des affaires de la médecine libérale – certaines critiques ciblant le directeur général de la Cnam Thomas Fatôme.
Ce dernier, renommé à l’été 2025, s’emploie donc à reprendre la main pour renouer rapidement la confiance. Avec un mandat politique clair en ce sens. Sur les arrêts de travail par exemple, la ministre Stéphanie Rist a promis de supprimer les MSO imposées en première intention et de miser sur la généralisation du dispositif d’accompagnement « SOS IJ » d’ici à l’été. Plus question non plus d’envisager des baisses unilatérales de tarifs des actes techniques. L’exécutif se veut aussi conciliant sur le protocole imagerie avec l’objectif de substituer aux décotes de tarifs prévues des mesures de pertinence des examens. Autant de grain à moudre pour les partenaires conventionnels…
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