C’est une première en France. Dès 2026, l’UFR santé Simone Veil de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines abandonnera le Pass (parcours d’accès spécifique en santé) au profit d’un système tout L.AS pour tous les étudiants souhaitant accéder aux filières de santé.
« Cette nouvelle architecture vise à remettre du sens et de la simplicité et répond aux objectifs de l’arrêté du 4 novembre 2019 qui encourageait la continuité des études et la diversification des profils étudiants dans les études de santé », indique l’établissement.
Une proposition unique sur Parcoursup
Sur Parcoursup, l’université ne proposera donc plus qu’une seule licence « Sciences pour la santé » déclinée en deux parcours, avec la possibilité de faire un vœu pour chacun. Le premier parcours « Sciences et technologies pour la santé », avec accès santé, sera dédié aux étudiants se destinant aux filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie rééducation) avec 700 places disponibles par an.
Le second parcours « Rééducation réadaptation » sera, lui, destiné aux étudiants désireux de devenir kinésithérapeute. Il offrira 86 places chaque année. Tous les enseignements seront dispensés au sein de l’UFR Simone Veil- Santé sur le site de Montigny-le-Bretonneux, précise la fac.
La première année de licence de ces deux parcours sera structurée en trois axes principaux : un bloc commun en santé, des enseignements communs incluant l’anglais et les sciences humaines en lien avec le monde de la santé et enfin des matières spécifiques au parcours choisi. Avec cette « One L.AS », l’objectif est triple : favoriser un esprit de promotion, contribuer à un meilleur suivi et un encadrement des étudiants et donner une attention particulière à leur bien-être.
Favoriser la poursuite d’études
Avec cette voie unique, les étudiants pourront accéder aux filières médicales et paramédicales à l’issue de chaque année de licence (L1, L2 ou L3). Des équivalences seront accordées pour rejoindre une deuxième année au sein des huit instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) et des quatre instituts de formation des masseurs kinésithérapeutes (IFMK) partenaires.
Cela met fin à l’impasse rencontrée par ceux et celles qui n'intègrent pas médecine
Pr Marie Essig, doyenne de l’UFR santé Simone Veil
En cas de non-admission dans une filière médicale ou paramédicale, la licence permettra une poursuite d’études dans des masters ou des écoles d’ingénieurs avec lesquels des accords sont en cours de finalisation, précise l’université.
« Cette “One LAS”, souligne la Pr Marie Essig, doyenne de l’UFR santé Simone Veil, répond aux attentes des étudiants, de leurs parents, des professionnels de santé et du monde de la santé, assurant sa pertinence. Elle met fin à l’impasse rencontrée par ceux et celles qui n'intègrent pas médecine. Nous misons sur l'accompagnement des jeunes plutôt que sur la sélection, en leur ouvrant de nouvelles perspectives », défend la néphrologue.
Cette annonce intervient alors que le gouvernement a annoncé, fin octobre, le lancement d’une concertation nationale visant à simplifier et harmoniser l’accès aux études de santé, en évoquant notamment la piste d’une licence unique, comme le préconisent doyens et étudiants. Contactée par Le Quotidien, la Pr Essig insiste toutefois sur l’antériorité de la démarche de son UFR. « Nous avons commencé à construire ce projet il y a plus de deux ans, avant même que le sujet de la réforme d’entrée dans les études de santé soit lancé. Il n'y avait pas de volonté chez nous d'anticiper cette réforme. Notre évolution résulte d'une analyse poussée que nous avons faite des forces et faiblesses des formations PASS/LAS », précise-t-elle.
Depuis son entrée en vigueur en 2020, le système PASS/L.AS – qui a signé la fin de la Paces et du numerus clausus – a fait l’objet de vives critiques tant pour sa complexité et son manque de lisibilité que pour les disparités d’application entre universités, notamment en ce qui concerne les très décriés oraux. Cinq ans après sa mise en œuvre, le système n’a jamais réussi à convaincre, poussant le gouvernement à revoir sa copie…
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