Ni banderoles ni poings levés ce mercredi 3 septembre devant le ministère de la Santé, mais plutôt des mines découragées. Un groupe d’une trentaine de personnes – patients, soignants et élus – s’est rassemblé silencieusement Place Pierre-Laroque, à quelques mètres du ministère. Une délégation du collectif de défense de l’Institut mutualiste Montsouris, « L’IMM vivra » espérait obtenir du ministre Yannick Neuder, représenté par la direction de son cabinet, des « garanties sur la pérennité financière » de cet hôpital privé à but non lucratif, sans dépassement d’honoraires, implanté à la périphérie sud de Paris. Un fleuron médical dans l’impasse, après des années de difficultés financières, et désormais placé en redressement judiciaire.
« On est peu nombreux parce que le personnel soignant doit assurer la permanence de l’offre de soins et beaucoup pensent qu’ils n’ont pas d’influence sur la décision [de reprise, NDLR] », a confié Sabrina, aide-soignante à l’IMM. Pourtant, quelques dizaines de patients sont venus soutenir cette délégation hétéroclite, composée à la fois de représentants du personnel, de l’intersyndicale de l’IMM, des maires du 14e arrondissement et de Gentilly, de Rodrigo Arenas, député (LFI) de la circonscription.
Hôpital d’excellence, accessible à tous
Niché proche du parc éponyme dans le 14e arrondissement, l’Institut Montsouris est un établissement de santé privé d'intérêt collectif (Espic), proposant une offre de soins sans dépassement d’honoraires, et où exercent 270 médecins salariés (le plus souvent à temps complet, et sans activité privée). Avec 485 lits, il dispose d’une offre de soins à la pointe de la technologie en médecine, chirurgie, obstétrique et psychiatrie.
En déficit lourd, l’IMM a été placé en redressement judiciaire début 2025. Les finances de l’établissement parisien, déjà mises à mal depuis des années (avec une dette immobilière historique), sont devenues exsangues dans un contexte d’inflation. Les aides distillées par l’État et les mutuelles gestionnaires n’ont pas permis d’apurer le déficit, qui a atteint plus de 10 millions d’euros en 2024.
Garantir la continuité du projet médical
Aujourd’hui, c’est donc l’identité du futur repreneur qui inquiète. « On veut garder un Espic qui permette la poursuite d’une offre de soins de qualité avec une technologie de pointe ! », plaide Daniel Gautier, patient à l’IMM. C’est le message porté également par la délégation au ministère. Le comité d’action veut croire que sera pris en compte l’avis de la commission médicale (CME) de l’établissement pour assurer la continuité du projet médical, « sinon, des médecins vont partir », s’inquiète Daniel Gautier. Une revendication que le sénateur communiste Ian Brossat avait déjà portée lors d’une question au Sénat début juillet. L’élu s’inquiétait du « désastre sanitaire à l’échelle de la région parisienne » que représenterait la fermeture de l’IMM.
« Aujourd’hui, on est à un tournant pour l’IMM et pour la santé », affirme Philippe Merle, manipulateur radio à l’IMM, venu soutenir la délégation en tant que représentant du personnel. Si les offres définitives devaient être connues ce jeudi 4 septembre au soir, trois semblent se distinguer pour le moment : la fondation Hôpital Saint-Joseph et le regroupement Foch-Curie, deux Espic au même titre que l’IMM. La troisième est une offre venant du privé lucratif par les Dr Michel Bodkier et Mikaël Kaufman.
Aujourd’hui, on est à un tournant pour l’IMM et pour la santé
Philippe Merle, manipulateur radio à l’IMM
« Je pense que le ministère a bien compris que la qualité de l’offre de soin et l’excellence dépendent du secteur 1, donc d’une reprise par un Espic », souligne Nathalie Marchand, secrétaire générale CGT de l’AP-HP, debout sur un banc avant de lancer : « Alors, choisiront-ils la carte verte ou la carte bleue ? »
À l’issue de l’entretien, le cabinet du ministre s’est engagé à transmettre ces demandes à l’ARS francilienne, mais il ne pourra se prononcer avant la décision du tribunal des activités économiques de Paris, qui sera donnée dans les semaines suivant l’audience programmée le mardi 9 septembre.
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