À 39 ans, Felipe Horta, anesthésiste-réanimateur formé au Brésil, est redevenu étudiant. Pour préparer les EVC, il se levait à 5h30 pour réviser avant de partir à l’hôpital. « Ça faisait 1h30, voire 2h par matinée et c’était ma routine », raconte-t-il. Les révisions se poursuivaient parfois au travail et le week-end. « Je révisais beaucoup tout le temps. Je lisais pour assimiler, pour savoir les choses par cœur aussi et pouvoir répondre correctement. »
Ces épreuves constituent une étape incontournable pour de nombreux médecins diplômés à l’étranger. Elles permettent, selon Philippe Touzy, du Centre national de gestion (CNG), d’intégrer d’abord les hôpitaux comme « praticiens associés », pendant une période probatoire pouvant durer jusqu’à deux ans, avant une autorisation complète d’exercer.
Sur tous les fronts
Mais préparer ce concours tout en travaillant et en ayant une famille n’est pas toujours tenable. Médecin généraliste formée en Tunisie et mère de trois enfants, la Dr Babay Asma Rais a dû prendre un congé sans solde. « Quand on rentre du travail et qu’on entame sa deuxième vie après, les obligations familiales, c’est pas évident », témoigne-t-elle. « On a beau s’organiser, anticiper les choses, mais c’est compliqué. »
Et la réussite au concours ne garantit pas toujours une affectation. Ceccile Accioly, chirurgienne vasculaire née au Brésil, a obtenu 14,5 de moyenne en 2024 et a été déclarée lauréate. Mais elle n’a pas obtenu de poste. « Le grand manque de communication, malheureusement, nous a mis tous dans une grande, grande difficulté », déplore-t-elle. Face à l’incertitude, elle a finalement décidé de changer de spécialité et de se tourner vers les urgences. Avec un mois seulement pour préparer le concours : « C’était la course pas possible », se souvient-elle. « C’était très, très juste. »
Des règles difficiles à suivre selon Me Léonard Balme-Leygues, avocat spécialisé dans la défense des praticiens à diplôme étranger : « Les règles changent tout le temps. Donc, il y a une instabilité qui est énorme, un manque de prévisibilité. »
Au CNG, Philippe Touzy reconnaît de nombreux changements ces dernières années mais les explique notamment par l’augmentation du nombre de candidats : « Avant le Covid, on recrutait de l’ordre de 800-900 personnes par le biais de ces épreuves. Les dernières épreuves, on était à plus de 4 000 en 2024. » Il rappelle également que « la sécurité des soins reste la priorité ».
Au moment de l’enregistrement, Felipe et Ceccile étaient encore plongés dans leurs révisions. Quelques semaines plus tard, tous deux ont finalement réussi les EVC. Une nouvelle étape commence désormais : trouver leur place dans le système de santé français.
PLFSS 2027 : les fédérations hospitalières réclament 1,3 milliard d’euros supplémentaires
+ 2 % pour le budget de la Sécu, économies à la pelle : le PLFSS 2027 met la santé à la diète
Près de 200 établissements réalisant une activité chirurgicale insuffisante dans le collimateur de l’Académie nationale de chirurgie
PLFSS 2027, Unicancer réclame un Ondam à +3,9 %