C’est dans un contexte d’une certaine fébrilité en attendant le vote du budget de la Sécu 2026 ce 9 décembre à l’Assemblée que le Leem (Les Entreprises du médicament) a dévoilé son rapport sur l’emploi dans le secteur de l’industrie pharmaceutique en 2024. Les résultats sont « inquiétants » selon le lobby du médicament. La croissance des métiers ralentit en 2024 (+ 1,1 % contre + 2,4 % en 2023). « Nous sommes en train de basculer dans le rouge, y compris pour l’emploi », regrette Laurence Peyraut, directrice générale du Leem.
Seule l’alternance résiste
Le nombre de licenciements augmente de 60 % en 2024 par rapport à 2023, soit 1 700 postes supprimés tous métiers confondus. Le nombre de plans sociaux reste identique (18 en 2024 contre 19 en 2023), mais celui des licenciements individuels augmente. « Cette situation est due à la contraction du marché, mais pas à l’automatisation et à la numérisation », justifie Pascal Le Guyader, directeur général adjoint. Les métiers les plus touchés sont la vente et les métiers transverses dans les sièges sociaux des entreprises.
Cette tendance négative se répercute aussi sur le nombre de recrutements, en recul (700 postes en CDI en moins en 2024). Quant à l’alternance elle résiste mais perd son élan (+ 2,8 % en 2024 soit 9 903 alternants) et devrait s’essouffler en 2025.
Des tensions demeurent depuis des années sur certains métiers comme la maintenance, la fabrication et le contrôle qualité, mais également des professions d’avenir comme les data management, ou sur des professions spécifiques au secteur relatives au réglementaire et la pharmacovigilance.
« Déclassement »
Ces signes inquiétants sont révélateurs de choix politiques pris aujourd’hui selon le Leem. C’est la raison pour laquelle le secteur mène une politique sociale pour valoriser les « emplois à forte valeur sociétale », par exemple sur les fins de carrière, l’emploi des jeunes et l’insertion.
L’industrie pharmaceutique alerte sur les « réels risques » de perte de souveraineté sanitaire et de reprise de la désindustrialisation en France. « Nous vivons un vrai déclassement », conclut Vincent Guiraud-Chaumeil, président de la commission Emploi, compétences et territoires, qui renouvelle sa demande des États généraux du médicament.
Le secteur emploie 110 000 personnes dans plus de 150 métiers. La production occupe 36 % d’entre eux, la promotion et la commercialisation 22 %, le support 15 % et la R & D 12 %.

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